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Le prix Bayeux récompense un photographe birman resté anonyme

Pour la première fois depuis sa création en 1994, le Prix Bayeux des correspondants de guerre a été attribué dans la catégorie photo de façon anonyme au reportage d’un professionnel birman publié par le New York Times illustrant la résistance civile au coup d’État du 1er févier et la sanglante répression qui a suivi dans le pays. Un prix décerné à l’unanimité, a tenu à souligner le président du jury, le grand reporter franco-iranien Manoocher Deghati.

Le rôle positif des « citoyens journalistes »

Ce prix est une façon de mettre en avant « les conditions dans lesquelles travaillent, dans ce pays de très jeunes photographes, professionnels ou amateurs », a ajouté le journaliste, qui a lui-même dû fuir en 1985 son pays d’origine, l’Iran, où sa vie était menacée. Certaines photos du reportage primé sont présentées dans le cadre de l’exposition « Myanmar Printemps 2021 » qui se tient jusqu’au 31 octobre dans une chapelle de Bayeux.

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Elle regroupe le travail de 12 photographes tous anonymes qui « ont risqué leur vie » pour couvrir « avec leurs appareils photos et leur cœur, les événements pendant et après le coup d’État militaire », selon le commissaire de l’exposition. Un prix qui montre selon le président du jury l’importance de la photographie et « le rôle positifdes citoyens journalistes » pour rendre compte d’événement auxquels les journalistes professionnels n’ont parfois pas accès.

Le palmarès a par ailleurs couronné pour la presse écrite le reportage du journaliste allemand Wolfgang Bauer sur l’Afghanistan publié dans Zeit magazin intitulé « Among Taliban » (« Parmi les talibans ») qui décrit l’avancée « kilomètre par kilomètre » de talibans depuis les montagnes où ils étaient repliés depuis 2001. Né en 1970, le reporter avait déjà été couronné à Bayeux en 2016.

Le Prix du jeune reporter à un étudiant, journaliste clandestin en Biélorussie

En radio, le Prix du jury international est décerné à une française Margaux Benn pour « A Kandahar, des villages entiers sont devenus terrains minés », un reportage diffusé sur Europe1. La reporter a rendu hommage au journaliste afghan qui a fait le reportage avec elle et qui est « en grave, grave, grave danger » car il est resté « bloqué » dans son pays.

En télé, le prix est allé à Orla Guerin et Goktay Koraltan de la BBC pour « Les tireurs d’élite au Yémen » qui prennent délibérément pour cible des enfants et dans la catégorie grand format à un reportage des Bosniens Damir Sagolj et Danis Tanovic, « When we were them » ( « Quand nous étions eux »), sur les milliers de migrants bloqués parfois des années dans le nord de leur pays devant la dernière frontière avant l’Union européenne,

Enfin, le Prix du jeune reporter (presse écrite) revient à Thomas D’Istria pour « Révolution dans la dernière dictature d’Europe », un reportage en Biélorussie publié par Le Monde. Le lauréat est un étudiant qui a fait pendant un an un travail de journalisme clandestin.

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