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Emmanuel Macron commémore l’abolition de la peine de mort, combat «universel»

Le président va rencontrer l’ancien ministre de la Justice, Robert Badinter, et son épouse Élisabeth, pour le 40e anniversaire de l’abolition de la peine de mort, ce samedi.

C’est l’une des dernières grandes commémorations du quinquennat. Pour célébrer le 40e anniversaire de l’abolition de la peine de mort, ce samedi midi, Emmanuel Macron va s’entourer de la principale mémoire vivante de l’époque. Le président de la République doit en effet s’entretenir à huis clos, en fin de matinée, avec l’ancien ministre de la Justice, Robert Badinter, ainsi que son épouse Élisabeth. Ils quitteront ensuite l’Élysée, à la mi-journée, pour rejoindre ensemble le Panthéon où aura lieu la cérémonie.

«Pour saluer un saut civilisationnel de cette ampleur, il paraissait aussi naturel qu’indispensable d’associer la personne qui a porté ce combat au côté de François Mitterrand», justifie-t-on dans l’entourage du chef de l’État, où l’on affirme que l’ex-garde des Sceaux «a la volonté de transmettre le flambeau abolitionniste à Emmanuel Macron».

«Des tentations malsaines»

Tour à tour, le nonagénaire et le quadragénaire se succéderont donc à la tribune, pour prononcer chacun un bref discours d’une dizaine de minutes environ. «Ces prises de parole seront deux flèches qui ne viseront qu’une seule cible: la défense de l’abolition de la peine de mort, et le rappel de l’universalité du combat qu’il reste à mener sur ce sujet», prévient l’un des rares lecteurs des deux textes. Le chef de l’État, qui n’avait que quatre ans en 1981, entend ainsi profiter de son intervention pour tenter de prendre le relais de ses aînés socialistes.

Mais cette ambition ne sera pas le seul objectif derrière ses mots. Car après avoir rappelé «le sens et la portée de cette évolution majeure», Emmanuel Macron tient aussi à alerter sur l’actualité de la question, y compris sur le territoire national. «Il faut se garder, pour nous ici en France, de penser que la tentation du rétablissement est écartée à jamais. Même si la peine de mort a été abolie, même si l’interdiction de la mise à mort est constitutionnelle, on voit bien, ici et là, que resurgissent souvent des tentations malsaines», assène l’un de ses conseillers. Certes, personne n’est nommément cité, mais la charge s’adresse clairement à Marine Le Pen et à Éric Zemmour.

Un caractère hautement politique

La première, candidate RN à la présidentielle, parce que la mesure a longtemps figuré au programme du Front national, avant d’être progressivement remplacée par la «perpétuité réelle» entre 2012 et 2017. Le second, candidat putatif à la présidentielle, parce qu’il «ne pense pas qu’on ait bien fait» de supprimer la peine capitale, et qu’il a récemment affirmé y être «philosophiquement» favorable.

«Quand on est philosophiquement pour la peine de mort, c’est que l’on est humainement néanderthalien», étrille un proche du président. Preuve que l’événement de ce samedi revêt un caractère hautement politique, en cette période de précampagne.

Bien qu’inscrite à l’agenda élyséen depuis le mois de septembre 2020 – lorsque le cabinet présidentiel a identifié que 2021 serait une «année Mitterrand» -, la journée de ce samedi doit surtout permettre à Emmanuel Macron d’adresser des messages à la gauche. Une gauche qui se sent à la fois trahie – par la droitisation de l’exécutif -, et orpheline – par la faiblesse de ses représentants.

«Cela fait du bien, de temps en temps, de rappeler notre Histoire et ses quelques blocs de conscience», salue d’ailleurs l’une des principales figures socialistes de ces 30 dernières années, aujourd’hui en retrait de la vie politique. «Ceux qui, comme moi, ne sont pas de droite, ni “ et de droite et de gauche ” en même temps, n’ont personne pour qui voter en 2022. C’est un problème», conclut-on de même source.

Peine de mort: 40 ans après, Robert Badinter plaide pour l’abolition «universelle» – Regarder sur Figaro Live

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