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la classe politique française attentive au résultat du scrutin

Le camp Hidalgo rêve d’une poussée similaire à celle qu’a connu Olaf Scholz, le candidat du SPD.

Le scénario était déjà dans toutes les têtes. Au printemps dernier, les Verts rêvaient d’une victoire de l’écologiste allemande Annalena Baerbock fin septembre. Deux sondages consécutifs la donnaient gagnante. Tous les espoirs étaient alors permis. «L’élection d’une chancelière écolo aurait forcément un effet. Cela enclencherait une dynamique», affirmait-on à l’époque depuis la direction d’EELV. Les dates de la primaire – dont les résultats du second tour seront connus mardi soir – avaient même été calquées sur le calendrier des élections fédérales. Embourbée dans plusieurs affaires mettant en cause sa probité, la candidate s’est finalement effondrée dans les sondages. Les écologistes français ont eux mis la référence allemande au placard.

L’espoir s’est alors téléporté dans le camp Hidalgo. Longtemps donné perdant, le candidat du SPD, Olaf Scholz, qui représente la social-démocratie allemande, fait désormais la course en tête dans les sondages. «Regardez à combien était donné Olaf Scholz il y a six mois et où il en est maintenant. Grâce à ses valeurs et sa crédibilité, il peut devenir le prochain chancelier», note une députée socialiste proche de la candidate. Donnée à moins de 8 % dans les enquêtes d’opinion – entre 4 et 5 % dans le sondage Odoxa pour L’Obs paru jeudi 23 septembre -, la maire de Paris rêve d’un scénario «à l’allemande» avant avril 2022…

Du côté de la macronie, on dit observer également avec satisfaction la montée du SPD. Depuis plusieurs mois, certains craignaient une progression des populistes de l’AfD, ce qui aurait pu faire le jeu du Rassemblement national. Mais ces derniers ne semblent pas à la fête, d’après les derniers sondages. «Si les sociaux-démocrates l’emportent, c’est une bonne chose pour nous. Idéologiquement, Olaf Scholz est plus proche d’Emmanuel Macron que de la gauche française, qui est de plus en plus caricaturale», juge un cadre de LREM.

«Un côté transpartisan»

D’autant que pour avoir la majorité, le candidat du SPD devra, en plus de nouer une alliance avec les écologistes, trouver un troisième partenaire. Il devra donc se tourner soit du côté du parti de gauche Die Linke soit de celui du Parti libéral-démocrate, positionné au centre droit. «Il y aura un côté transpartisan qui ressemble beaucoup à ce que nous faisons avec la majorité présidentielle», souligne un député macroniste. «Ce qui se passe en Allemagne est éminemment important, nous regardons de très près la possible alliance entre le SPD et les verts», ajoute une ministre.

À droite, on préfère insister sur «l’impact très limité» qu’ont généralement les élections allemandes sur la présidentielle française. «Je ne crois pas du tout à un effet d’entraînement. Les Français ne regardent pas trop ce qui se passe à l’étranger. D’ailleurs, l’AfD est en grande difficulté en Allemagne pendant que Marine Le Pen et Éric Zemmour ont de bons sondages ici», insiste le député LR Jean-Louis Thiériot.

Un avis largement partagé par une majorité de la droite, qui réfute toute comparaison entre la gauche et les écologistes Allemands et Français. «Ici, la gauche est émiettée, et sur le plan programmatique, elle est à quelques milliers de kilomètres de la social-démocratie du SPD ou des Verts allemands. Sandrine Rousseau et Annalena Baerbock n’ont pas grand-chose en commun», juge le député de Moselle Fabien Di Filippo.

Toutefois, à droite, on craint que l’arrivée au pouvoir d’une coalition de gauche ne vienne perturber la stratégie économique européenne.

«Le SPD est plutôt attaché à l’orthodoxie budgétaire, ce qui correspond plutôt bien à la position de la France. Mais une coalition avec les Verts pourrait pousser Olaf Scholz à revoir certaines de ses positions, ce qui irait à rebours de ce que nous souhaitons», prévient Jean-Louis Thiériot.

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