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« Camouflet», «humiliation»… La classe politique révoltée par l’annulation de la vente des sous-marins

Si la décision de l’Australie est unanimement dénoncée, les oppositions y voient aussi un signe de faiblesse de la diplomatie macroniste.

C’est un coup dur pour la diplomatie française. Quelques heures après la décision australienne d’annuler l’acquisition de douze sous-marins français au profit d’un nouveau pacte de sécurité avec les États-Unis et le Royaume-Uni, l’ensemble de la classe politique a vivement réagi. À commencer par le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, qui a dénoncé ce jeudi sur France Info un «coup dans le dos» . «Je suis aujourd’hui très en colère. Ça ne se fait pas entre alliés», a-t-il ajouté. Avant de pointer du doigt le partenariat militaire américain: «Cette décision unilatérale, brutale, imprévisible, ça ressemble beaucoup à ce que faisait Monsieur Trump.»

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Avec la perte de ce «contrat du siècle» à plus de 30 milliards d’euros, Emmanuel Macron connaît une mauvaise passe diplomatique et concentre, à quelques mois de la présidentielle, l’essentiel des critiques de l’opposition. Dans les rangs de la droite, longtemps attachée au principe gaulliste d’indépendance et de grandeur de la France, de nombreux responsables sont montés au front. «Le plus grand contrat militaire français, conclu avec l’Australie, vient d’être annulé. La France n’est plus respectée par ses alliés», dénonce Xavier Bertrand, qui s’inquiète des retombées pour la «filière navale française». Le candidat à la présidentielle appelle notamment le président de la République à protéger les emplois menacés.

Sa concurrente francilienne Valérie Pécresse s’insurge, quant à elle, contre un «camouflet diplomatique», «signe inquiétant de notre industrie de défense». Pour le député (LR) des Alpes-Maritimes Éric Ciotti, également prétendant à la primaire de la droite, l’annulation du contrat «profite aux États-Unis» et représente la «naïveté coupable vis-à-vis de Joe Biden» et la «perte d’influence française sous la présidence Macron».

De son côté, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, n’a pas hésité à évoquer un «atlantisme maladif d’Emmanuel Macron (…) humilié par des pays qui n’ont de respect que pour les Nations libres et indépendantes.» Au Rassemblement national, c’est Marine Le Pen qui a répliqué le plus vigoureusement. La candidate à l’élection présidentielle dénonce dans un communiqué «un triple désastre»: économique, militaire et politique. «Une humiliation publique de la France et une atteinte gravissime à son image de puissance industrielle», ajoute l’ancienne présidente du parti, qui demande une commission d’enquête sur cette affaire.

À gauche, presque aucun responsable PS ou EELV n’a réagi. Seul le leader de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a dénoncé, dans un communiqué, les États-Unis «grands bénéficiaires de ce revirement». Pour le candidat à la présidentielle dont le discours est souvent marqué par un antiaméricanisme, «il est temps de cesser de se bercer d’illusion, de refuser la caporalisation, de quitter l’Otan.»

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