mercredi, août 10, 2022
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Présidentielle: Marine Le Pen accélère

Lors d’un discours à Fréjus (Var), la candidate RN a révélé cinq de ses vingt-deux propositions présidentielles.

«Le temps est venu.» Le cri de ralliement s’étale en grandes lettres blanches sur scène, face au théâtre romain de Fréjus. S’il en était besoin, un décompte sur les côtés, J – 210, rappelle que la course présidentielle vient bel et bien de commencer. Comme chaque année, c’est dans cette ville du Var que le Rassemblement national a décidé, ce week-end, de faire sa rentrée. Sept mois avant l’élection suprême, le raout aura cette fois servi de lancement à la troisième campagne présidentielle de Marine Le Pen. Qui en a profité pour se mettre en retrait de la présidence de son mouvement dans l’espoir de mieux le dépasser.

«Les 10 et 24 avril scelleront le sort de notre pays. Il n’y aura que deux alternatives: soit la dilution de la France, soit le sursaut salutaire qui fera entrer la France dans le troisième millénaire autour de l’idée de nation», attaque en préambule de son discours, dimanche, la candidate sur l’estrade de plein air. Veste bleu pastel sur le dos – la même que sur ses premières affiches de campagne -, la candidate dramatise le duel qu’elle pressent autant qu’elle espère avec le chef de l’État ces prochains mois: «Cette élection présidentielle ne sera pas seulement un choix de société, comme ont pu être de précédents scrutins. Ce sera un choix de civilisation (…). Ce sera, davantage qu’un vote, un choix historique.»

Bien qu’assommés par le soleil et la chaleur, un petit millier de militants et de cadres ne se trompent pas – au point de le huer – sur l’identité ce celui que leur championne accuse de «tout accepter, tout démanteler, tout liquider»: Emmanuel Macron. Les équipes de Marine Le Pen l’ont convaincue d’inscrire ses premiers pas de candidate sous le signe des «libertés». Concept un brin fourre-tout s’il en est, mais qui se veut comme un pied de nez au chef de l’État. Lui qui en avait fait, en 2017, un des piliers de sa campagne présidentielle…

Changer la Constitution

Tout en rappelant son opposition au passe sanitaire, contre lequel elle a voté à l’Assemblée nationale, Marine Le Pen accuse le gouvernement d’avoir installé «une société du fichage et du flicage». «Pour avoir cru que la liberté était un bien naturel, beaucoup ne s’en sont plus souciés (…). Avouons-le, nous sentons qu’elle est aujourd’hui menacée», alerte la candidate avant de décliner à loisir les libertés à sauvegarder: politique, syndicale, d’expression, d’enseignement, intellectuelle, de circuler… «Je serai la candidate des libertés françaises et croyez-moi, ça changera tout», lance la chef nationaliste sous les applaudissements.

Entre une gauche divisée et une droite enferrée dans ses rivalités et départages internes, Marine Le Pen assume, elle, de vouloir accélérer. «Mon objectif, ce n’est pas le barnum, confiait, lors d’un échange informel avec la presse, la candidate après une succession de réunions à huis clos avec ses équipes. Compte tenu de la situation, passer mon temps sur le terrain pour rencontrer les Français pendant que les autres sont tous occupés à être sur les plateaux pour savoir qui est le meilleur, ça me paraît bien.» Avec la volonté de prendre de vitesse ses adversaires, elle a dévoilé, ce week-end, cinq de ses vingt-deux mesures présidentielles.

En plus de la privatisation de l’audiovisuel public et de la nationalisation des autoroutes, déjà dévoilées dans un entretien au Figaro jeudi dernier, Marine Le Pen s’est engagée à changer la Constitution pour «graver qu’aucune décision internationale ou étrangère ne pourra imposer aux Français des mesures contraires à leur volonté souveraine». La candidate entend également rendre gratuits les trains pour les étudiants et les jeunes travailleurs en dehors des heures de pointe. Et faire des harcèlements de rue à connotation sexuelle des délits et d’inscrire leurs auteurs au fichier des criminels et délinquants sexuels.

Une hâte, glissent certains cadres, pas totalement décorrélée des velléités électorales de l’essayiste Éric Zemmour, dont les ambitions n’auront cessé d’occuper les discussions tout le week-end durant. «Il n’y a aucune fébrilité vis-à-vis d’aucune candidature que ce soit, balaye devant la presse Marine Le Pen. Il y a toujours eu des candidatures marginales à la droite du RN: Villiers, Mégret, Dupont-Aignan…»

Une sérénité plus difficilement feinte face à l’abstention observée lors des derniers scrutins, particulièrement chez les électeurs RN. «Ce qui me fait peur, ce sont les gens qui se disent: “C’est plus la peine”, concède le conseiller spécial de Marine Le Pen, Philippe Olivier. Il faut qu’on leur parle chez eux, et à eux.» Si l’équipe de campagne s’installera le 20 septembre dans son tout neuf quartier général, Marine Le Pen s’apprête à passer ces cent prochains jours sur les routes.

Marine Le Pen veut mettre en place un référendum «sur l’obtention de la nationalité française» – Regarder sur Figaro Live

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