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nouveau coup de force de Tadej Pogacar, qui récupère le maillot jaune

Le Slovène Tadej Pogacar endosse le maillot jaune samedi 3 juillet à l’arrivée de la huitième étape du Tour, au Grand-Bornand. Pas sûr qu’il le quitte d’ici à l’arrivée sur les Champs-Elysées, le 18 juillet. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Après quelques jours d’accalmie du côté de la météo, le peloton a renoué ce samedi 3 juillet avec la pluie et l’asphalte glissant lors de la huitième étape du Tour de France entre Oyonnax (Ain) et Le Grand-Bornand (Haute-Savoie). Son premier test en montagne depuis le départ de Brest le 26 juin a aussi failli tourner court : un camion Cochonou s’est retrouvé bloqué au milieu de la route menant au Mont-Saxonnex (1re catégorie) – antépénultième difficulté du jour –, dont le sommet est situé à 46 km de l’arrivée.

Heureusement, la situation est vite rentrée dans l’ordre, car les enjeux de ce samedi étaient doubles : on savait qu’il serait compliqué pour le Néerlandais Mathieu Van der Poel (Alpecin-Fenix) de garder le maillot jaune une journée supplémentaire, et que la course du jour ne se résumerait donc pas à la victoire d’étape.

Revivez l’étape : Tadej Pogacar s’empare du maillot jaune, la première étape des Alpes pour Dylan Teuns

Si le Belge Dylan Teuns (Bahrain Victorious) s’est imposé dans les Aravis, on retiendra surtout de cette huitième étape la nouvelle démonstration de force de Tadej Pogacar (UAE Emirates), qui récupère la tête du classement général, reléguant son dauphin, le Belge Wout van Aert (Jumbo-Visma), à 1 min 48 s.

Le Slovène, vainqueur de l’édition 2020, profitant d’un incroyable travail de son coéquipier Davide Formolo, lance une attaque à 5 km du sommet du col de Romme (1re cat.), à 32 kilomètres de l’arrivée. Seul Richard Carapaz (Ineos-Grenadiers) parvient à le suivre… Avant une nouvelle accélération de « Tamau Pogi ». Lors de son passage au sommet de Romme, l’Equatorien accusait un débours de 1 min 7 s. Il terminera 13e, à 4 min 9 s.

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« Après l’étape d’hier [250 km entre Vierzon et Le Creusot], on a vu que tout le monde courait contre nous. Aujourd’hui, je voulais créer des écarts, du coup j’ai saisi l’opportunité de gagner : l’attaque est la meilleure défense », expliquera ensuite Tadej Pogacar en conférence de presse.

On craignait que cet effort solitaire, en montagne, à plus de 30 kilomètres de l’arrivée ne soit dur à tenir. Que nenni ! Tadej Poagacar a progressivement avalé les coureurs qui s’étaient échappés après la côte de Menthonnex-en-Bornes (4e cat.), avec une facilité insolente, grimpant le col de la Colombière (1re cat.) sans même grimacer. Le Slovène aurait pu enlever l’étape, mais il finit par lever le pied et se classe quatrième à 48 s de Dylan Teuns. Le groupe des poursuivants accuse un retard de 2 min 33 s.

Parmi eux, le Français Aurélien Paret-Peintre (AG2R-Citroën), 7e à 3 min 3 s, résumera : « Quatre-vingts kilomètres pour sortir [en échappée], pourtant il y a eu des grappes mais toujours une équipe qui revenait (…). L’enchaînement Romme-Colombière, c’était vraiment dur. Quand je vois Pogacar qui m’a rattrapé assez tôt et les écarts qu’il y a, je pense que c’est une étape de fou. »

Les espoirs de Roglic et Thomas enterrés

Dans une Grande Boucle où les coups de théâtre ont été presque aussi nombreux que les chutes, la prudence était pourtant de mise : plus question de sous-estimer un rival potentiel. Wout van Aert en a fait les frais.

Cette première étape alpestre a aussi fini d’enterrer les espoirs de deux des favoris annoncés. Le Gallois Geraint Thomas (Ineos-Grenadiers), relégué dès le premier tiers de la course à plus de 4 min du groupe de tête, ne gagnera pas son deuxième Tour de France. Le Slovène Primoz Roglic (Jumbo-Visma), lui, ne prendra pas sa revanche sur Tadej Pogacar. Perdant le contact avec le peloton au kilomètre 30, il a pu bénéficier du soutien de plusieurs coureurs – dont le Néerlandais Dylan van Baarle (Ineos-Grenadiers) qui l’a encouragé verbalement. Le dauphin de l’édition 2020 tiendra un temps avec eux. Puis se fera de nouveau distancer…

Le voir lever les bras en jaune, le 18 juillet, sur les Champs-Elysées à Paris est désormais une chimère. En revanche, la possibilité qu’il abandonne la Grande Boucle pour se focaliser sur les Jeux olympiques de Tokyo, qui démarrent le 23 juillet, semble, elle, bien réelle. Geraint Thomas et Primoz Roglic franchiront finalement la ligne d’arrivée au Grand-Bornand avec 35 min de retard – à moins de trois petites minutes des délais.

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Au programme dominical : l’acte II des Alpes, avec 145 kilomètres entre Cluses (Haute-Savoie) et l’arrivée à Tignes (Savoie), à plus de 2 000 m d’altitude. Les acteurs du peloton ont beau répéter à l’envi que la Grande-Boucle n’est jouée qu’une fois à Paris, on a du mal à imaginer, ce samedi, qui pourrait venir bouleverser l’insolente domination de Tadej Pogacar. Parmi les autres prétendants au général, le Colombien Rigoberto Uran (EF Education-Nippo) est à 4 min 46 s, Richard Carapaz (Ineos-Grenadiers) à 5 min 1 s et Wilco Kelderman (Bora-Hansgrohe) à 5 min 13 s.

« Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir, tout peut arriver. Je suis très confiant mais je n’ai certainement pas tué le Tour aujourd’hui, désolé… », promet Tadej Pogacar après son nouveau coup d’éclat, samedi. Dylan Teuns, le vainqueur du jour, lui, se montre moins catégorique : « Paris, c’est encore loin et on sait bien à quel point c’est dur d’y arriver, mais vous voyez bien l’état de forme dans lequel il est. Tout le monde va se battre jusqu’au dernier jour, mais je pense que Tadej peut défendre son maillot jusqu’à la fin. »

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