vendredi, août 12, 2022
24 C
Nantes

pourquoi la fusion des équipes « sœurs » Arkéa-Samsic et Cofidis est improbable

Le coureur de Cofidis Anthony Perez (au centre) roule devant Connor Swift d’Arkéa-Samsic (à droite) lors de la 1e étape du Tour de France 2021 entre Brest et Landerneau (Finistère), le 26 juin. PHILIPPE LOPEZ / AFP

Cofidis et Arkéa-Samsic sont deux équipes françaises bien implantées dans le peloton. La première y roule depuis 1997 ; la seconde – fondée sous le nom de Bretagne-Jean Floc’h puis renommée Bretagne-Séché Environnement, Fortuneo-Vital Concept, Fortuneo-Oscaro, puis Fortuneo-Samsic – depuis 2005. Autant dire, bien avant le conflit qui oppose depuis 2014 la confédération bretonne (Arkéa) à sa maison « mère », la Confédération nationale du Crédit mutuel (CNCM), dont Cofidis est une filiale.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Au Crédit mutuel, Arkéa mène « une guerre d’usure » pour son indépendance

Entre-temps, l’explosion des budgets a créé un « mur de l’argent » dans le cyclisme professionnel. Pour ses premières années à la fin de la décennie 1990, l’US Postal disposait d’une enveloppe de 5 millions d’euros. On évoque pour Ineos-Grenadiers, aujourd’hui, un budget annuel de 46 millions : avec quatre coureurs au sein de la formation britannique capables avant le grand départ de gagner le Tour (l’Equatorien Richard Carapaz, le Gallois Geraint Thomas, l’Australien Richie Porte et le Britannique Tao Geoghegan Hart) – sans compter le Colombien Egan Bernal, dernier vainqueur du Giro et lauréat du Tour 2019, non aligné cet été. Le budget moyen des formations présentes sur la Grande Boucle l’an passé avoisinait les 20 millions d’euros.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le « cyclisme total », la stratégie de Jumbo-Visma pour gagner le Tour de France

« Aujourd’hui, le cyclisme est un sport mondialisé, les coûts d’entrée sont plus importants, rappelle Matthieu Llorca, maître de conférences en sciences économiques à l’université de Bourgogne et spécialiste de l’économie du sport. Or le modèle économique des équipes cyclistes professionnelles repose à 100 % sur le sponsoring. » De quoi s’interroger : la réunion de ces deux équipes appartenant au même groupe ne permettrait-elle pas de créer une équipe française capable de rivaliser avec les formations les mieux dotées ?

« Besoin de visibilité et de notoriété »

Daniel Baal, qui a débuté sa carrière à la fin des années 1980 au Crédit mutuel, a été tour à tour président de la Fédération française de cyclisme (FFC), vice-président de l’Union cycliste internationale (UCI), puis directeur général adjoint de la Société du Tour de France et directeur des activités cyclisme d’Amaury Sport Organisation (ASO). Aujourd’hui à la tête du Crédit mutuel Alliance fédérale et, pour faire court, financier de l’équipe Cofidis, l’Alsacien balaie d’un revers cette hypothèse : « Je ne sais pas si cette question parle à beaucoup de monde. Peu de gens font le lien entre les deux entités, développe-t-il. De toutes les façons, je ne verrais pas une équipe Crédit mutuel dans le cyclisme tout simplement parce que nous n’avons pas besoin de cette communication-là. En revanche, Cofidis, qui ne dispose pas de réseau, et comme organisme de crédit à la consommation, a besoin de visibilité et de notoriété. » Et de conclure : « Le Tour, de ce point de vue, nous l’apporte. »

Il vous reste 47.06% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici