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en Azerbaïdjan, le football pour faire oublier la guerre

Une fillette déploie des drapeaux de l’Azerbaïdjan et de la Turquie, alliées dans la guerre contre l’Arménie fin 2020, lors du match Suisse-Turquie, le 20 juin à Bakou. OZAN KOSE / POOL VIA REUTERS

Fair-play, tolérance, solidarité et antiracisme. Ce sont les valeurs que l’Azerbaïdjan veut projeter sur les écrans européens à l’occasion des quatre matchs de l’Euro 2021 organisés à Bakou. Samedi 3 juillet, la République tchèque y affrontera le Danemark en quarts de finale de la compétition au Stade olympique. Le pays émerge victorieux d’une guerre contre l’Arménie il y a sept mois dans le Karabakh. Mais celle-ci a laissé de profondes cicatrices sur son image internationale.

Bakou veut tourner la page. « Nous sommes les seuls à représenter le Caucase dans le championnat. C’est notre slogan : donnez une chance au Caucase d’accueillir un grand événement sportif, qui fasse vibrer toute la région », déclare au Monde Elkhan Mammadov, secrétaire général de la Fédération d’Azerbaïdjan de football (AFFA).

L’éditorial du « Monde » : Haut-Karabakh : paix russo-turque dans le Caucase

La décision a été prise par l’UEFA bien avant que quiconque ait imaginé qu’une guerre de quarante-quatre jours éclaterait, le 27 septembre 2020. « Pour nous, il s’agit dorénavant d’envoyer le signal du retour à la normalité, après la pandémie et après la guerre. Nous avons résolu notre problème. » Un signal qui se veut positif, en écho au leitmotiv du président azerbaïdjanais, Ilham Aliev : « La guerre est terminée, point final. »

Une ligne pourtant loin de faire l’unanimité. Entre les accrochages à la frontière, les prisonniers de guerre arméniens retenus par l’Azerbaïdjan, les déclarations revanchardes à Erevan et l’absence de statut pour les Arméniens du Haut-Karabakh, le Caucase ressemble de loin à un incendie mal éteint.

« Le football efface les émotions négatives »

Certes, les stigmates de la guerre sont invisibles à Bakou, une opulente capitale pétrolière surnommée la « Dubaï de la Caspienne » et située à 200 kilomètres du Karabakh. « Tout était prêt pour accueillir l’Euro UEFA 2020, poursuit M. Mammadov. Nous n’avons pas eu à construire d’infrastructures. » Son ambition n’est pas d’imiter un ambitieux Qatar projetant sa puissance financière en s’implantant dans un club européen. « Nous souhaitons avant tout attirer les touristes chez nous, à Bakou. »

Le responsable de l’AFFA rappelle que le pays a déjà accueilli la Coupe du monde féminine de football des moins de 17 ans en 2012. « Nous sommes le seul pays musulman à promouvoir le football féminin », souligne-t-il. Juste avant le championnat européen, Bakou accueillait pour la quatrième fois un Grand Prix de formule 1. Il faut remplir les hôtels, diversifier une économie entièrement dépendante des exportations d’hydrocarbures. « Le football est une fête, il crée une atmosphère de rêve. Tous les pays rêvent de l’organiser. Le football efface les émotions négatives », poursuit Elkhan Mammadov.

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