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la classe politique divisée devant l’avis rendu par les Sages

Entre satisfaction et déception, les chefs de file de partis ont réagi à l’avis rendu du Conseil constitutionnel concernant le projet de loi relatif à la crise sanitaire.

La pression peut retomber. Dix jours après avoir débattu, puis adopté le projet de loi relatif à la crise sanitaire, les députés de la majorité présidentielle se sont réjouis de l’avis rendu par le Conseil constitutionnel. Sur les réseaux sociaux, le vice-président macroniste de l’Assemblée nationale Hugues Renson s’est empressé de saluer une «décision juste et équilibrée». «L’objectif de protéger les Français est réaffirmé par les Sages», a abondé le président (LREM) du Palais Bourbon, Richard Ferrand.

À l’image des discussions qui ont animé l’Hémicycle, la classe politique a rapidement fait état de ses divisions. À gauche, le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner, a évoqué des «garde-fous nécessaires», tout en soulignant l’insuffisance du passe sanitaire à «stopper l’épidémie». «La vaccination obligatoire reste la meilleure solution», a estimé l’élu, fidèle à la ligne défendue par sa famille politique. Le maire (PS) du Mans, Stéphane Le Foll, a quant à lui évoqué un avis «logique». «Il faut maintenant de la rigueur et de la compréhension pour gagner la bataille contre le variant et l’épidémie», a-t-il ajouté.

Personne n’attendait d’un Conseil constitutionnel politisé et inféodé au pouvoir qu’il prenne ses responsabilités en remettant fondamentalement en cause une loi disproportionnée et liberticide.

Jordan Bardella

À droite, peu de figures ont pris la parole dans la foulée de la décision. Le sénateur (Les Républicains) Bruno Retailleau a simplement souligné que  «l’absence de passe sanitaire ne peut pas être une cause de licenciement», alors que le sujet avait fait débat entre le gouvernement et la Chambre haute.  «Le Conseil constitutionnel a donc confirmé l’intention du législateur face aux déclarations ministérielles ambiguës. On ne peut que s’en féliciter», a-t-il déclaré.

Fermement opposé à l’élargissement du dispositif, le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, a de son côté jugé la décision «très décevante». Le Conseil constitutionnel «ne protège aucune des libertés menacées par le passe sanitaire», a estimé le candidat à la présidentielle.

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Même son de cloche pour son adversaire, Marine Le Pen. La candidate du Rassemblement national a considéré le Conseil constitutionnel «très prompt à censurer toute mesure de fermeté contre l’immigration légale et illégale», alors qu’il ne trouve selon elle «rien à redire à une loi qui entrave la liberté de circuler des Français, dans leur propre pays sur la base de la vaccination».

Son vice-président, Jordan Bardella, a quant à lui assuré que «personne n’attendait d’un Conseil constitutionnel politisé et inféodé au pouvoir qu’il prenne ses responsabilités en remettant fondamentalement en cause une loi disproportionnée et liberticide». «Emmanuel Macron aura jusqu’au bout divisé et attisé la défiance , a poursuivi l’élu.

Enfin les trois candidats à la présidentielle très actifs dans les derniers rassemblements anti-passe sanitaire se sont chacun indignés de l’avis rendu. Pour le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, «le Conseil constitutionnel se déshonore (…). Les Sages piétinent la Constitution, bafouent les libertés individuelles et nos valeurs fondamentales.» «Le Conseil constitutionnel vient de se vautrer dans l’indignité la plus totale en rendant une décision inique», a abondé dans une vidéo l’ancien lepéniste Florian Philippot (Les Patriotes). «Ces institutions nous trahissent, elles nous attaquent», a-t-il martelé. Avant d’appeler à manifester «dans la paix, dans un élan vital de liberté, de résistance et de patriotisme», ce samedi 7 août à Paris.

Une position partagée par François Asselineau (UPR), pour qui l’institution «vient de trahir son rôle de défenseur des libertés publiques». Alors que les dernières manifestations ont pu être émaillées de violences, le candidat a assuré que cet avis ouvrait «la voie aux émeutes».

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