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Bière, abonnement Netflix, énervement…la nuit agitée d’Olivier Véran au Parlement

En plein examen du projet de loi sanitaire, le ministre de la Santé s’est agacé à plusieurs reprises de la longueur des débats.

Une nuit blanche. Face au marathon parlementaire du texte imposant le passe sanitaire et à la cascade d’amendements déposés par l’opposition, le ministre de la Santé Olivier Véran est monté au front toute la soirée, une bonne partie de la nuit et de la matinée, naviguant entre les bancs du Palais Bourbon et la Commission du Sénat.

L’occasion de défendre le projet de loi sanitaire face à la poussée du variant Delta. Devant la longueur des débats et ce que l’exécutif qualifie «d’obstruction parlementaire», le locataire de l’Avenue de Ségur a raillé plusieurs fois les parlementaires de l’opposition. «Si le virus pouvait nous regarder, je pense que ce soir, il serait assez content et qu’il se servirait une petite bière», a d’abord tancé Olivier Véran sous le chahut des députés.

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«Entre deux solutions mauvaises: le confinement et le passe, je choisis le passe»

Répondant au député (LR) des Alpes-Maritimes Éric Ciotti qui l’avait accusé «d’avoir changé d’avis», le ministre de la Santé a répliqué qu’«il n’aimait pas l’outil du passe sanitaire, (…) c’est une société dans laquelle nous sommes contraints à demander un passe sanitaire. La question est celle de la décision et de la nécessité». Avant de s’emporter: «Gouverner, c’est choisir, et parfois faire des choix qui ne nous plaisent pas, et c’est ça le courage en politique. Ce n’est pas de faire durer des débats en nous disant que c’est à cause de nous qu’il y aurait de l’obstruction parlementaire (…) C’est le courage que je demande à la représentation nationale de nous accompagner (…) Entre deux solutions mauvaises: le confinement et le passe, je choisis le passe. Regardons quel sera votre choix.»

Suite aux annonces du premier ministre Jean Castex au 13h de TF1, annonçant que les cafetiers et restaurateurs devront vérifier les QR codes et pourront subir des contrôles des forces de l’ordre, Olivier Véran a défendu les modalités du passe sanitaire. «Un contrôle inopiné dans un restaurant, ça veut dire qu’il n’y a pas de contrôle. Un passe où il n’y a pas un contrôle systématique, c’est un abonnement Netflix familial. C’est indispensable d’avoir du contrôle. C’est comme les codes Canal…Tout le monde va se les passer, a ironisé le ministre de la Santé. Il y aura de la souplesse dans la mise en place de ce dispositif totalement inédit: on ne va y aller comme des bourrins à sanctionner tout le monde.»

«La seule chose qui vous énerve, c’est quand on essaye de freiner le virus»

De retour devant les députés en début de matinée, Olivier Véran est ensuite revenu sur la question du contrôle d’identité du passe sanitaire. Vérifications qui ne se feront pas par les gérants des cafés ou des restaurants, comme l’a expliqué le chef du gouvernement. Face au brouhaha de l’opposition, le ministre de la Santé a semblé perdre patience: «J’aimerais que vous soyez aussi énervé quand vous voyez le virus monter que quand on essaye de le freiner.» «J’aimerais le même engagement à nous aider à prendre des mesures pour protéger les Français, les mêmes vociférations que vous faites aujourd’hui. Je constate que la seule chose qui vous énerve, c’est quand on essaye de freiner le virus», a-t-il alors exhorté.

Face au trop grand nombre d’amendements, le projet de loi sanitaire, dont le vote était initialement prévu jeudi soir, a été reporté à vendredi. Ce qui décale aussi le calendrier du Sénat. Après l’examen et le vote de la chambre basse, les parlementaires des deux chambres devront se mettre d’accord, probablement en commission pour une adoption définitive à la fin du week-end.

«Il ne faut pas que le débat parlementaire freine, par une obstruction systématique, la nécessité d’aller vite dans notre combat contre le Covid», a d’abord expliqué Christophe Castaner jeudi matin sur BFMTV. Le chef de file des députés marcheurs l’affirme: après le vote définitif et la consultation du conseil constitutionnel par le premier ministre, «nous aurons les moyens pour la mise en œuvre du passe sanitaire», début août. À moins de 10 jours de l’échéance, le temps presse.

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