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Jean-François Rial : « Il faut sortir du tourisme de masse »

Le PDG de Voyageurs du Monde livre sa vision de l’évasion et des nouveaux modes de transport.

Vous avez passé le premier confinement dans le Perche où vous êtes resté près de quatre mois. Les voyages ont dû vous manquer… 

Jean-François Rial : Non, parce que j’étais dans une propriété magnifique. Il faisait beau. J’ai consacré mon temps à mon entreprise et à la défense des intérêts de la profession. Et puis ­ étant statisticien de formation ­ je me suis beaucoup intéressé au Covid. J’ai également lancé à ce moment-là, avec mon fils Tom, une ferme écologique. Bref, j’étais totalement débordé. Et finalement, dès cet été, j’ai pu voyager de nouveau. Je suis allé en Italie, en Egypte, en Espagne et même dans les Caraïbes. Ce qui me manque le plus, c’est de prendre une bière dans un bar avec mes potes et d’aller au resto avec ma famille et mes amis. 

Vous êtes un grand lecteur. Est-ce un autre moyen de vous évader ? 

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Oui, je me balade… Je lis des romans et des polars de qualité dont les scènes se passent dans les pays qui me plaisent : cela m’apprend des choses sur ces lieux. Je lis aussi beaucoup d’essais sur l’économie et l’anthropologie, ainsi que des livres de philosophie spirituelle. 

En tant qu’écologiste engagé, vous défendez une approche durable du voyage. Cette crise a-t-elle renforcé vos convictions ? 

Cela a conforté mon positionnement vers un voyage de plus en plus individuel, sur mesure et écolo, avec moins d’étapes et loin des autoroutes touristiques. Il faut sortir du tourisme de masse sans oublier le tourisme populaire, ce qui est différent. L’écologie sera la boussole du voyage de demain. Mais ce qui a surtout changé dans mon regard, c’est cette histoire d’organisation du travail. 

LIRE AUSSI >> Les voyages… de Jean-François Rial 

De quelle manière ? 

L’obligation d’être dans un bureau pour travailler m’a toujours paru saugrenue. Pour moi, c’est intéressant si on doit voir des gens. Dans l’entreprise, nous allons télétravailler un ou deux jours par semaine et, en France, nous allons délocaliser une partie de nos équipes en région. Quand on vit en Ile-de-France, on doit être dans la « ville du quart d’heure », chère à Carlos Moreno. Eviter les transports inutiles en télétravaillant ou les réduire parce qu’on habite à dix minutes de son bureau, ça aussi c’est écologique. 

Quels modes de transport privilégiez-vous ? 

A Paris, j’ai un vélo électrique et j’utilise la voiture électrique de mon épouse. Et puis je marche beaucoup. J’ai aimé la voiture, mais je ne supporte plus. En revanche, j’adore le train. Et lorsque je prends l’avion, je m’engage à une absorption à 100 %. 

C’est-à-dire ? 

Voyageurs du Monde plante trois millions d’arbres par an pour absorber les émissions de CO2 de ses déplacements en avion. Et à titre personnel, avec Tom, nous venons de planter 1 500 arbres. Un vol Paris-New York, par exemple, représente deux tonnes et demie de CO2, soit cinq arbres. Pour moi, l’avenir, c’est le train et l’avion sur les longues distances ; la voiture partagée dans les gares, les aéroports et les villes ; et les voitures individuelles pour les longues distances quand on n’a pas d’autres solutions. 

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Restez-vous optimiste pour l’industrie du tourisme ? 

A chaque fois qu’on sort d’un confinement et qu’une destination rouvre, elle fait un carton. Je suis persuadé que ça va reprendre à fond. 

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