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les raisons de l’échec français

Didier Deschamps s’adresse à ses joueurs lors des huitièmes de finale de l’Euro 2021 entre la France et la Suisse à la National Arena de Bucarest le 28 juin. FRANCK FIFE / AFP

Sur le papier, l’équipe de France était la favorite de cet Euro 2021. Mais le problème du papier, c’est qu’on a vite fait de le rouler en boule puis de le jeter dans la première poubelle venue. Le football – encore plus celui de sélection – est pénible aussi, toujours à vanter cette incertitude capable de vous transformer des touristes danois (1992) ou des sans-grade grecs (2004) en champions d’Europe. Rares sont les pays qui ont étiré leur domination sur deux ou même trois grandes compétitions consécutives. Pour ce dernier cas de figure, seule l’Espagne y est parvenue avec deux Euros et un Mondial gagnés entre 2008 et 2012.

Pour les Bleus, ce rêve dynastique attendra. Lundi, les champions du monde sont tombés de haut contre des Suisses plus cohérents et décidés à envoyer au fond du lac Léman son complexe footballistique, au bout d’un huitième de finale renversant à Bucarest (3-3, 4 tirs au but à 5). Un accident, ça arrive. Même aux meilleures. Sauf que dans le cas présent, la sortie de route pouvait se deviner.

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Il suffisait d’être attentif et d’observer les deux derniers matchs de poule. Caviar en entrée puis pâté et pain rassis par la suite, les Bleus ont démarré par une victoire toute en maîtrise face à l’Allemagne (1-0) avant d’enchaîner sur un nul poussif contre la Hongrie (1-1) et un autre à peine plus convaincant face au Portugal (2-2).

Mais promis, la belle vaisselle en porcelaine était réservée pour les matchs couperets. Des promesses. Contre la Suisse, les Français ont plutôt sorti les assiettes en carton et la tactique qui va avec. A l’heure où il n’y a que des coupables, le petit jeu est de savoir qui de Deschamps ou de ses joueurs cadres a poussé pour ce 3-4-1-2, ni fait ni à refaire. Si le sélectionneur assume l’élimination – c’est la coquetterie du moment des entraîneurs, prendre l’échec pour eux pour mieux désamorcer la critique –, il précise que ce dispositif a eu pour vocation de mettre le « trio offensif dans les meilleures dispositions ».

La « république des joueurs »

Entre les lignes, on croit deviner l’histoire. Lui, le pragmatique, lui, le prudent, avance avoir cherché à construire son équipe autour du trio d’attaque Griezmann-Mbappé-Benzema, indéboulonnable à ses yeux et autour duquel il a équilibré mais aussi déséquilibré son équipe. Alors quand un Antoine Griezmann dit en visioconférence que sa préférence à lui « c’est dans l’axe », après le nul contre la Hongrie, on devine qu’il a déjà négocié le bout de gras avec Deschamps auparavant. D’ailleurs, « Grizou » a ensuite évolué en soutien des attaquants, avec une réussite relative.

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