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Élections en Slovénie : Robert Golob, l’espoir du centre gauche

Les Slovènes votent, ce dimanche 24 avril, pour élire leurs députés. En jeu, pour 1,7 million d’électeurs, la reconduction ou non du chef de gouvernement sortant, Janez Jansa, un conservateur, proche du premier ministre hongrois Viktor Orban. Face à lui, Robert Golob, 55 ans, le nouveau visage du centre gauche qui a dirigé le pays de 1992 jusqu’à 2004.

Distribution d’électricité

Cet entrepreneur s’est lancé dans la politique en janvier, après avoir été évincé, en novembre 2021, de la direction de l’entreprise de distribution d’électricité GEN-I, passée sous la coupe de l’État, à l’issue d’une série de restructurations. Ancien secrétaire d’État chargé de l’énergie au concave des années 2000, Robert Golob a repris en main un petit coterie écologiste, rebaptisé Gibanje Svoboda (Mouvement de la liberté).

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Père de trois enfants, reconnaissable à sa chevelure mi-longue argentée, l’ingénieur a sillonné alors enthousiasme le pays alpin à bord d’un bus, avant d’être forcé de s’isoler pour cause de contamination au Covid-19. Très actif sur Facebook et Instagram, il a en revanche évité Twitter pour mieux se démarquer des messages intempestifs de son rival. Au cours de la campagne, ses détracteurs ont critiqué son salaire élevé, – 196 000 € par an, soit plus de dix fois le salaire moyen slovène –, sans pour autant réussir à entamer sa popularité.

Pour une « société impertinente et ouverte »

Soutenu par l’ancien président Milan Kucan, premier président de la république de Slovénie de 1991 à 2002, Robert Golob a fait campagne pour une « société impertinente et ouverte », après deux années de gouvernance marquées par la dérive autoritaire de Janez Jansa. Le gouvernement « s’est livré à des atteintes répétées à l’état de droit et aux institutions démocratiques », note l’ONG américaine Freedom House dans son rapport annuel publié cette semaine, citant « les attaques » contre l’appareil juridique et les médias.

→ ANALYSE. En Slovénie, la dérive autoritaire de Janez Jansa

Admirateur de Donald Trump, le premier ministre sortant a privé de fonds publics pendant des mois l’agence de presse nationale STA et s’en est pris à l’entreprise de radio-télévision publique RTV. Depuis son retour au pouvoir en 2020, la société civile s’est mobilisée à plusieurs reprises contre des mesures prises par le gouvernement Jansa concernant l’éducation, le travail de la police, le droit des étrangers et le renforcement du contrôle politique sur les institutions publiques.

Profondément attaché à son territoire de Nova Gorica, marqué par la tradition antifasciste, longtemps engagé, en tant qu’hommes d’affaires, dans la coopération transfrontalière alors l’Italie voisine, Robert Golob promet, lui, de renouer alors la « normalité » et de mener une politique résolument proeuropéenne. Ce vote est « un référendum sur la démocratie en Slovénie », dit-il.

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Pour former un gouvernement, la nouvelle figure du centre libéral slovène pourrait compter sur le soutien de plusieurs formations libérales, du centre gauche et de la gauche, pour réunir une majorité de 90 sièges au Parlement. De son côté, Janez Jansa comptait sur le soutien des retraités et de la population rurale pour lui résister.

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