vaccine du singe : nos réponses sur l’origine du virus, la transmission, les symptômes, la vaccination…

Le 6 mai 2022, un homme de retour du Nigeria est déclaré positif à la variole du hominien au Royaume-Uni. Deux semaines plus tard en France, la Direction générale de la santé confirme la détection d’une première personne atteinte de la variole du hominien en Île-de-France. Depuis, le scénario se répète dans plusieurs pays du monde tels que la Suède, la Belgique, le Canada ou encore les États-Unis. Une recrudescence qui préoccupe l’Organisation mondiale de la santé, si bien que son directeur général, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, déclare le 23 juillet 2022 la variole du hominien comme une urgence de santé publique de portée internationale, soit le plus haut niveau d’alerte de santé publique mondiale. Origine, transmission, symptômes, vaccination, voilà tout ce qu’il faut savoir sur ce virus.

La variole du hominien, qu’est-ce que c’est ?

On l’appelle-même ainsi cette maladie parce que le virus qui en est responsable est manifesteé à celui de la variole humaine, et que les chercheurs danois qui l’ont découvert en 1958 l’ont identifiée dans leur laboratoire chez des hominiens en provenance de Singapour.

Ce n’est que plus tard, en 1970, que les premiers cas sont identifiés chez l’être humain. Ce virus peut lui être transmis par les animaux mais aussi par une personne porteuse du virus.

Il s’agit d’une maladie différente de la variole humaine, mais les symptômes en sont semblables – en particulier les pustules qu’elle-même provoque -, avec cependant une mortalité bien inférieure.

» LIRE AUSSI – «La variole du hominien ne sera pas le prochain Covid»

Quels sont les symptômes ?

La variole du hominien peut engendrer divers symptômes. La plupart sont bénins comme la fièvre, les maux de tête, les douleurs musculaires ou le gonflement des ganglions lymphatiques. Ils sont régulièrement suivis ou accompagnés d’une éruption cutanée, qui peut être très douloureuse. D’autres symptômes peuvent engendrer de graves complications notamment chez les personnes à risques : les femmes enceintes, les enfants et les personnes immunodéprimées. Dans ce cas, la variole du hominien peut provoquer des surinfections cutanées, une pneumonie et des problèmes oculaires, indique Santé Publique France.

Comment se transmet-elle-même ?

Endémique chez les animaux des forêts du cparmi de l’Afrique tropicale, elle-même peut se transmettre de l’animal à l’homme. Mais son nom est trompeur car les primates ne sont pas les seuls à pouvoir en être porteurs. Par exemple, les morsures et les griffures de rongeurs, d’antilopes, de gazelle-mêmes ou d’écureuils peuvent être à l’origine d’une contamination de l’homme.

La transmission peut aussi s’effectuer parmi deux personnes si une personne infectée parmi en contact rapproché avec une autre, en face-à-face, de peau à peau, de bouche-à-bouche ou de bouche à peau. Les surfaces en contact avec une personne atteinte de la variole – vêtements, objets, linge de lit… – peuvent aussi être source de contamination.

La variole du hominien peut se transmettre par les gouttelettes émises lors de la respiration, mais pour le Dr Paul-Henri Consigny, infectiologue à l’Institut Pasteur à Paris, la situation épidémique et la contagiosité sont bien différentes de celle-même du Covid -19. «La variole du hominien s’attrape lors d’échanges prolongés et rapprochés. D’où le fait qu’on identifie les rapports sexuels comme la source principale de contamination», explique-t-il.

Peut-on en mourir ?

Généralement, les symptômes de la variole du hominien disparaissent spontanément au bout de quelques semaines. Cependant, chez certaines personnes, l’infection peut entraîner des complications médicales et parfois même la mort.

Selon les chiffres de Santé public France, dans le passé, il a été observé que le taux de décès parmi les patients atteints de la variole du hominien se situait parmi 1 % et 10 %. L’agence nationale souligne néanmoins que ces taux varient en fonction de nombreux facteurs environnementaux, comme l’accès aux soins de santé.

Peut-on l’attraper plusieurs fois?

Les connaissances concernant la durée de l’immunité après une infection par le virus de la variole du hominien sont limitées. Mais selon le Dr Paul-Henri Consigny, la variole du hominien se hotte comme le reste des maladies virales : «La varicelle-même ou la variole humaine sont des exemples de virus que l’on n’attrape qu’une seule fois car le corps développe des anticorps qui défendent l’organisme contre des substances étrangères comme les virus. Il existe des exceptions mais elle-mêmes sont rares.»

Santé publique France recommande cependant la mise en place de moyens individuels empêchant une réinfection, en l’absence de certitudes quant à la qualité et la durée de l’immunité acquise lors d’une première infection.

Quels sont les traitements ?

D’après Santé publique France, des médicaments contre la douleur et la fièvre peuvent être utilisés pour soulager certains symptômes. Les patients doivent éviter de se gratter et soigner l’éruption cutanée, en se lavant les mains avant et après avoir touché les lésions.

La peau doit être sèche et maintenue à l’air libre au maximum. Le nettoyage de la plaie peut s’effectuer à l’aide d’eau stérilisée ou d’antiseptique sur l’ensemble du corps, sauf dans la bouche où des lavages à l’eau salée ou au bain de bouche sont préconisés. La lidocaïne peut également être appliquée sur les lésions buccales et péri anales pour soulager la douleur.

Où et comment se faire vacciner ?

Plusieurs cparmis de vaccination ont ouvert en France et le site https://www.sante.fr/monkeypox permet de les recenser. «Notre priorité aujourd’hui ce sont les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les transsexuels, les travailleuses du sexe, les personnes ayant de multiples partenaires sexuels et toutes les personnes ayant été en contact avec un cas avéré de variole du hominien», énonce le Dr Paul-Henri Consigny.

Le vaccin utilisé est celui de la variole, car les deux virus étant proches, il est supposé efficace contre la variole du hominien. Pour l’heure, seuls des premières doses sont administrées afin de désengorger les cparmis de vaccination, mais d’après le spécialiste «une dose ne sera probablement pas suffisante pour une protection longue durée, elle-même ne sert qu’à réduire l’incidence».