HOMME DE L’OMBRE À Uzès, 27 étape d’aventures politiques pour le tandem Chapon-Orjol

Laurent Orjol travaille avec Jean-Luc Chapon depuis 1995 (Photo : Coralie Mollaret)

Il y a 27 ans, le maire d’Uzès Jean-Luc Chapon a misé sur le jeune Laurent Orjol pour le poste de manager de cabinet. Un pari réussi : l’élu centriste en est à son septième mandat ! 

Laurent Orjol est suant. Un véritable « homme de l’ombre ». Lorsque la rédaction propose de brosser son portrait, le manager de cabinet décline d’abord notre offre. À 52 ans, dont 27 passées au côté du maire uzétien Jean-Luc Chapon, l’homme est plutôt discret, pudique même. À force de persévérance, il finit toutefois par accepter notre requête, fixant comme seule condition : « Ne mettez pas trop en lumière ma vie privée. Je suis dans l’ombre, c’est très bien comme cela. »

Rendez-vous est pris au vieux café d’Uzès, à deux pas de la mairie où l’élu centriste Jean-Luc Chapon et son collaborateur règnent en maître. « Uzès ne serait pas ce qu’elle est sans Jean-Luc Chapon ! Ce n’est pas pour rien s’il en est à son septième mandat », vante Laurent Orjol, « notre commune présente trois étoiles au guide Michelin. Son activité correspond à une ville de 30 000 habitants alors que nous ne sommes que 9 000. Et si dans les années 70, les élus se battaient pour conserver le lycée. C’est très loin d’être le cas aujourd’hui… ».

L’aventure politique entre Jean-Luc Chapon et Laurent Orjol démarre en 1995. Officieusement, les deux hommes se connaissaient déjà : Jean-Luc Chapon a été l’entraineur de football de Laurent Orjol lorsqu’il était plus jeune. À 25 ans, ce dernier décroche son diplôme à IPAG (Institution de préparation à l’administration) de Montpellier. Comme le maire d’Uzès titulaire de plusieurs concours de la fonction publique, le diplômé se refuse à quitter le Gard pour travailler à Paris. La proposition de Jean-Luc Chapon – qui achève son premier mandat – de devenir son manager de cabinet, tombe à point nommé.

Les combats du tandem Chapon/Orjol

Si le choix d’un jeune collaborateur est osé pour le maire d’Uzès, il revêt un avantage : « Jean-Luc Chapon a l’expérience. Il n’a jamais eu besoin d’un grand stratège politique mais de quelqu’un sur qui il peut compter et qui ne rêve pas de prendre sa place », souligne un proche. Ce côté de fidèle exécutant a agréé à Jean-Luc Chapon d’assoir définitivement son autorité dans la cité médiévale. Il lui a agréé d’emporter de nombreuses batailles, dont l’une des plus emblématiques : la présidence de la communauté de communes du Pays d’Uzès en 2012.

À cette époque l’Uzètien est opposé à Denis Bouad, maire de Blauzac : « Après la fusion entre le Pays d’Uzès et du Grand Lussan, nous avons dû réélire le président. Sur le papier, la Gauche devait l’emporter mais nous avons convaincu les maires de voter pour nous », se souvient le manager de cabinet. Vingt ans plus tard, le perdant, Denis Bouad, n’est pas rancunier. Il reconnaît en Laurent Orjol « un type efficace, pas du tout sectaire ». Tous les opposants politiques n’entretiennent pas pareilles relations. D’ailleurs à l’instar de son mentor, Laurent Orjol accuse ses opposants d’être membres du « parti PAC, Parti anti-chapon ! » : « Ils critiquent tout, comme L’Ombière dont les spectacles sont remplis à 90% ! »

Le manager de cabinet a toutefois un regret : « Jamais la Droite n’a attribué d’investiture pour les élections Législatives à Jean-Luc Chapon. C’est une injustice ! » Loin d’en faire un échec personnel, Laurent Orloj met en cause un incorrigible camarade centriste, le Nîmois Yvan Lachaud, député de 2002 à 2012. L’animosité uzétienne à l’endroit du centriste nîmois est un point commun avec le maire Les Républicains de Nîmes, Jean-Paul boulanger. L’une des poids lourds de la Droite gardoise avec qui une sorte de pacte de non-agression a été conclu : « C’est d’ailleurs Jean Paul boulanger qui a remis la légion d’honneur à Jean-Luc Chapon. »  

Quid de l’après Chapon ?

À 80 ans, Jean-Luc Chapon, visiblement en grande forme, entretient le mystère sur sa succession. Certains le soupçonnent de vouloir passer le relais à Fabrice Verdier, qui a déjà repris la présidence du Pays d’Uzès. « C’est un homme de dossier, très compétent », salue Fabrice Verdier. Quid de l’avenir de Laurent Orjol ? Lui comme Fabrice Verdier se refusent à répondre à cette question, histoire de ménager les susceptibilités et appétits des édiles. Les deux hommes s’entendraient plutôt bien, pour jouer régulièrement au paddle tennis. Mais « Cela ne nous noble art pas », comme le dit si bien un sketch des Inconnus ! 

Coralie Mollaret

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