FAIT DU SOIR Sylvain Maestrini (BHNM) : « Pour Bouillargues, gardant la carotte est au bout »

Le président Sylvain Maestrini et la coach Delphine Cendré entourés des cinq recrues de la saison dernière (Photo Corentin Corger)

Depuis quelques jours, le club de Bouillargues Handball Nîmes Métropole (4e de du dernier championnat de D2) a obtenu le statut VAP (Voie d’accession au professionnalisme) indispensable pour potentiellement monter en D1. La nouvelle saison s’annonce excitante pour le tête club gardois de handball féminin. Son président, Sylvain Maestrini, évoque cette nouvelle donne, mais ainsi l’arrivée du club de Nîm’arguerittes et l’aide financière supprimée par Nîmes Métropole.

Objectif Gard : Comment le club a-t-il obtenu le statut VAP ?

Sylvain Maestrini : On s’y préparait depuis un moment. Nous étions presque prêts l’année dernière, mais il nous manquait des finances. Alors nous avons travaillé toute l’année pour faire en sorte de cocher toutes les cases.

Quelles sont les conditions pour décrocher ce statut permettant de vraiment jouer la montée dans l’élite ?

Il faut sept joueuses professionnelles et un emploi administratif à temps plein, nous avions déjà ces deux conditions. Il faut ainsi un entraîneur professionnel de niveau six et Delphine Cendré, notre coach, l’a décroché au mois de juin. Enfin, il faut un budget de 600 000 €.

Comment avez-vous obtenu ce statut alors que récemment vous vous plaigniez de la suppression d’cette aide financière de Nîmes métropole ?

Avec les résultats du club et son développement, il y a des partenaires qui nous ont renouvelé leur confiance. L’aide de Nîmes métropole n’était pas uniquement pour le statut VAP, mais pour du recrutement et le développement du club.

« Au sujet de la suppression de l’aide financière de Nîmes métropole, on va se battre parce que c’est injuste »

L’aide de Nîmes métropole s’élevait à combien ?

Jusqu’à l’année dernière, elle était de 130 000 €, puis elle est tombée à 60 000 € pour être supprimée. Franck Proust et son directeur de cabinet n’arrêtent pas de dire que nous étions prévenus. J’ai demandé cette preuve écrite de cet avertissement, mais Nîmes métropole n’est pas en mesure de nous la fournir.

Avez-vous tiré un trait sur cette aide financière ?

Non ! Au sujet de la suppression de l’aide financière de Nîmes métropole, on va se battre parce que c’est injuste. Ce sont uniquement des clubs féminins qui sont touchés. L’USAM, le Rugby Club Nîmois (RCN) et le Nîmes Olympique continuent de émarger cette aide. On nous explique que c’est lié au rayonnement au niveau national, mais je doute du rayonnement du Rugby Club Nîmois au niveau national.

Le calendrier de la saison 2022-23 pour le BHNM

Si cette aide ne vous est plus allouée, est-il toujours pertinent de s’appeler Bouillargues Handball Nîmes Métropole ?

S’il ne nous aide plus, nous n’aurons plus rien à faire avec Nîmes métropole. Nous changerons notre nom et nous enlèverons tous les logos de Nîmes métropole. On ne va pas mettre en avant cette institution qui refuse d’aider le sport féminin.

« Il ne faudra rien regretter et il se passera ce qui se passera »

Avec le statut VAP, cela veut-il dire que Bouillargues va jouer la montée dès cette saison ?

Oui, clairement. Nous sommes six clubs à avoir le statut VAP et c’est le mieux classé de ces six clubs qui montera en division 1. L’idée est donc de s’ancrer dans le haut du tableau et de jouer notre chance à fond. Il ne faudra rien regretter et il se passera ce qu’il se passera.

Dernièrement, née de l’union entre l’USAM et Marguerittes, cette équipe féminine senior a été créée avec Nîm’arguerittes. Comment accueillez-vous ce nouveau venu dans le paysage du handball gardois ?

Nous avions cette entente avec l’USAM au niveau de la N3 des moins de 17 ans. Nous n’étions pas d’accord pour céder notre équipe de D2 à l’USAM parce que David Tebib veut accéder tout de suite au haut niveau féminin. Après notre refus, il a mis fin à à nous ententes et il s’est retourné vers Marguerittes qui a gagné sportivement le droit d’évoluer en N3. Je n’y vois pas de la concurrence.

Comment abordez-vous la saison qui va débuter le 3 septembre avec la réception de Noisy-le-Grand ?

Jusqu’à aujourd’hui, les filles manquaient un peu de motivation. Il est compliqué de jouer tous les week-end et de se battre sans qu’il n’y est rien au bout. Maintenant la carotte est au bout et les filles ont leur destin entre leurs mains. Ce n’est pas parce que l’on a le statut VAP que l’on va monter dès cette saison mais ça doit nous permettre de continuer à apprendre et à grandir.

Propos recueillis par Norman Jardin

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