À Athènes, Valérie Pécresse salue les réformes «extrêmement courageuses» du gouvernement grec face à la crise migratoire.

Au premier jour de son déplacement de trois jours en Grèce, la candidate à la présidentielle a proposé une « coopération renforcée » des États frontaliers de l’Union européenne.

Quelques heures après son arrivée en Grèce, où vendredi, elle effectuait son deuxième déplacement à l’étranger depuis son entrée en campagne présidentielle, Valérie Pécresse a voulu saluer les réformes «extrêmement courageuses» d’un pays situé en première ligne face à la crise migratoire. Avant de se rendre à Samos, samedi, pour visiter un camp d’accueil de réfugiés qu’elle cite comme modèle d’une «Europe solidaire», la candidate a estimé que la question des frontières était une question «clef». « Nous avons un décalage entre ce que nous voulons faire de l’Europe, c’est-à-dire une vraie puissance dans le monde, et ces frontières passoires qui font que 20% des clandestins entrent en Europe sans être contrôlés», a insisté Valérie Pécresse en louant la politique grecque. «C’est ce mélange de fermeté et d’humanité qu’il faut que nous mettons en œuvre dans tous les pays frontaliers de l’Union européenne», a ajouté celle qui propose aussi une «coopération renforcées» des États frontaliers.

Réviser Schengen

Concernant le contrôle des frontières extérieures de l’Europe, la candidate apporte son soutien à la démarche engagée en octobre par douze pays européens, et notamment la Grèce. Quatre d’entre eux ont prévu de se rendre à Vilnius les 20 et 21 janvier pour se concerter sur au sujet de la révision du Code des Frontières de Schengen (CFS) et plus largement au sujet du futur pacte européen sur l’immigration et l’asile.

«Il s’agit de refaire de vraies frontières européennes. Il n’y a pas de continents, de nations, de puissances sans frontières. Aujourd’hui, l’Union européenne doit se doter de frontières sûres et protégées», a souligné Valérie Pécresse, en présence d’une délégation comptant notamment Michel Barnier, Nadine Morano et Éric Ciotti. Ce dernier, qui est aussi le conseiller de la candidate sur les questions de sécurité, estime que l’initiative de Vilnius soulève un «vrai débat» qui va opposer les « pragmatiques, les efficaces, les réalistes face aux naïfs qui considèrent que l’Europe peut être ouverte à tous les vents». Le député des Alpes-Maritimes estime que ce courrier concerne désormais Emmanuel Macron puisqu’il assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne depuis le 1er janvier. «À lui de gérer ce problème pour qu’il y ait de réelles protections, y compris physiques, mais on sait qu’il n’est pas d’accord », critique Éric Ciotti, avant d’ajouter: « Ce sera un enjeu majeur de la présidence française que Valérie Pécresse aura à assumer, j’en suis sûr, dans quelques semaines ».

Pécresse répond à Aliyev

Pour Valérie Pécresse, ce voyage en Grèce, qui s’achèvera dimanche, est une nouvelle occasion d’afficher sa fermeté sur les questions régaliennes et de marquer son opposition à Emmanuel Macron dont elle dénonce le bilan en la matière.

Juste avant Noël, elle avait consacré son premier déplacement international de campagne à l’Arménie. Elle y avait été reçue comme un chef d’État par le président de la République autoproclamée du Haut-Karabakh mais son soutien aux Chrétiens d’Orient n’a pas été du goût du président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, accusé de piloter une épuration ethnique et culturelle dans ce territoire Arménien. «Si nous avions été au courant de la dernière visite illégale de Valérie Pécresse, nous ne les aurions pas laissés repartir», a déclaré le chef d’État sur des médias locaux. Valérie Pécresse lui a répondu directement depuis Athènes, vendredi, au pied de l’Acropole en regrettant une absence de réaction au niveau de l’exécutif français. « Vous vous rendez compte de la gravité de cette menace sur une candidate à la présidentielle française qui ne serait pas libre d’aller où elle veut ? En tout cas, ces menaces ne m’intimident pas et j’aurais bien aimé une réponse solennelle du gouvernement français… Le silence assourdissant du gouvernement est très choquant », a condamné Valérie Pécresse, avant de se hisser, au pas de charge, sur les hauteurs pour contempler Athènes sous le soleil couchant.