Mila explique ses propos sur Eric Zemmour

L’adolescente, qui s’était dite «terrorisée» par un nouveau flot de menaces, avait déclaré qu’il n’y avait «plus d’autres choix que de passer au moins un temps par (la) radicalisation» du candidat à l’élection présidentielle.

Le tweet de l’adolescente iséroise n’est pas passé inaperçu, mercredi 29 décembre. Après avoir publié de nouveaux messages d’insultes et de menaces de mort qu’elle a reçus ces derniers jours, Mila s’est exprimée à propos d’Eric Zemmour : «Je n’aime pas Zemmour, et l’encourager va à l’encontre de mes valeurs. Mais je suis tellement terrorisée dans mon propre pays, que je me dis qu’on n’a plus d’autres choix que de passer au moins un temps par cette radicalisation bien qu’elle me déplaise».

Cette déclaration a beaucoup fait réagir sur le réseau social, avec des soutiens émus de la part des partisans d’Eric Zemmour, mais aussi de nombreux messages d’indignation, certains estimant que ce tweet ressemblait fortement à un soutien au candidat.

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«Nos désaccords ne sont rien»

Ce dernier a d’ailleurs réagi quelques heures plus tard : «Mila, ceux qui veulent vous intimider pour ce message ont un point commun : ils acceptent l’islamisation de la France, tout en pleurant hypocritement sur votre sort. Nos désaccords ne sont rien au regard de la volonté qui nous unit : vivre libres dans une France en paix».

Celle qui précise sur son profil Twitter qu’elle «tape sur les wokes et l’islamisme» est revenue finalement sur ses propos dans de multiples tweets au cours de la journée puis par le biais d’un plus long texte publié hier soir. Elle précise qu’elle ne voterait «certainement pas pour lui».

«Je n’aime pas sa violence et ses simplifications. Je n’aime son fascisme, son mépris et sa fermeture d’esprit. […] Ce que j’ai voulu dire, (maladroitement je le reconnais) c’est qu’il faut, je crois, des mesures radicales pour mettre un terme à la violence qui se déchaîne», explique-t-elle.

Mila a été la cible de harcèlements et de menaces de mort depuis le 18 janvier 2020 après avoir répondu à des injures sur les réseaux sociaux sur son orientation sexuelle par le biais d’une vidéo véhémente sur l’islam. En juillet, le tribunal correctionnel de Paris a déjà condamné à des peines de quatre à six mois de prison avec sursis dix personnes pour «harcèlement en ligne» et la onzième, une jeune femme de 18 ans, pour «menaces de mort». Interpellées le 28 septembre dernier, cinq nouvelles personnes seront jugées en avril.

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