Il y a vingt ans, disparaissait Léopold Sédar Senghor, un intellectuel aux antipodes de la «cancel culture»

ENQUÊTE – Académicien, poète et président du Sénégal pendant vingt ans, Léopold Sédar Senghor a, toute sa vie, cherché à jeter des ponts entre l’Occident et ses racines africaines. Le combat de ce pur produit de la méritocratie était aux antipodes de celui des militants actuels de la «cancel culture» et du décolonialisme.

Le jeudi 20 décembre 2001, en début d’après-midi, un grand d’Afrique s’éteint dans sa maison de Verson, en Normandie. Léopold Sédar Senghor, âgé de 95 ans, avait été premier en tout. Premier Africain à décrocher l’agrégation de grammaire française, premier président du Sénégal indépendant, premier chef d’État à quitter de lui-même le pouvoir, en 1980, sur un continent où pullulent les autocrates, premier Noir à entrer à l’Académie française… Le premier aussi, avec son ami martiniquais Aimé Césaire, à parler de «négritude». Un homme au prestige immense, à la culture encyclopédique, à l’élégance innée vient de partir et la France, ce pays qu’il a servi et chéri, se tait. À ses obsèques, à Dakar, où quinze jours de deuil national ont été décrétés, ni le président de la République ni le premier ministre ne sont présents.

Jacques Chirac, naguère très proche de Georges Pompidou, l’ami de khâgne de Senghor, est resté à Paris. Tout comme Lionel Jospin, compagnon de route du défunt au sein de l’Internationale

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