A Milan, la Scala orchestre sa mue

C’est sur une scène en bois flottant dans la piscine illuminée de Bagni Misteriosi, en plein coeur de Milan, qu’ont été donnés, l’été dernier, Le Lac des cygnes et Don Quichotte, entre autres. Une manière pour la Scala de ne plus attendre paresseusement les spectateurs, mais d’aller à la rencontre du grand public. « La musique doit être ouverte à tous ! » martèle Dominique Meyer, qui a pris l’an dernier les rênes du prestigieux Opéra de la capitale lombarde avec une conviction : l’art lyrique n’est pas réservé à une prétendue élite. La tradition populaire n’était pas étrangère à cette institution, certes, mais la barre a été relevée par celui qui dirigeait auparavant l’Opéra de Vienne. 

Un opéra transformé de A à Z

La métamorphose est également en marche au sein même du théâtre. « Nous sommes en passe de transformer la Scala de fond en comble », affirme Dominique Meyer. Métamorphose numérique, d’abord, avec la diffusion des spectacles filmés par un système de caméras fixes facilitant le streaming. Métamorphose de l’accueil, ensuite : dès 2022, les spectateurs devraient trouver au dos de leur siège une tablette offrant une traduction en huit langues ainsi que la possibilité de commander une boisson, par exemple. Métamorphose écologique, encore, avec, en ligne de mire, la réduction du recours au papier ; le recyclage des déchets ; l’utilisation des énergies renouvelables ; la réutilisation des matériaux pour concevoir des costumes vertueux pour l’environnement. Sans oublier le développement en cours de l’académie, qui propose des cours de danse, une école de chant pour enfants, un master d’administration du spectacle vivant… 

Autant de mesures qui devraient permettre à la Scala, deuxième marque italienne en termes de notoriété après Ferrari, de continuer à jouer un rôle clef dans la vie culturelle de la cité. « Rendez-vous compte, reprend Dominique Meyer. Un tiers de nos spectateurs sont étrangers, ce qui veut dire que leur présence alimente les hôtels, les boutiques, les restaurants… La Scala est une destination en soi. On ne s’y rend pas par hasard. C’est l’une des raisons pour lesquelles il y a ici tant de congrès et de manifestations comme le Salon de l’immobilier ou la Semaine de la mode. Les gens choisissent cette ville parce qu’ils savent que, le soir, ils pourront aller à la Scala. C’est magique. » 

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D’autres chantiers font de cette salle de spectacle l’un des acteurs de la transformation de cette ancienne cité industrielle devenue aujourd’hui l’une des capitales de la mode et du design. Une « citadelle du théâtre et de la musique », réunissant entrepôts et ateliers, est ainsi sur les rails dans la zone périphérique de Rubattino. Un autre projet réunira l’ensemble des bureaux de la Scala avec un studio de répétition au sein d’un seul complexe. La première pierre de l’édifice, dessiné par le célèbre architecte Mario Botta, a été posée au printemps dernier. Via Verdi, évidemment. 

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