Rachida Dati appelle le gouvernement à envisager la «mise sous tutelle budgétaire» de Paris

Dans des lettres adressées à Bruno Le Maire et Jacqueline Gourault, la maire LR du 7e arrondissement met en cause la «sincérité budgétaire» d’Anne Hidalgo.

Rachida Dati tire la sonnette d’alarme. Alors qu’un nouveau conseil de Paris s’ouvre ce mardi matin pour quatre jours, la maire (LR) du 7e arrondissement veut alerter sur le budget de la ville. Pour ce faire, l’édile a décidé de multiplier les canaux en rédigeant pas moins de cinq courriers, adressés à Anne Hidalgo, mais aussi à son adjoint en charge des Finances Paul Simondon, au préfet de Paris Marc Guillaume, à la ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault ainsi qu’au ministre de l’Économie, Bruno Le Maire.

«Depuis 2019, le niveau des recettes réelles de la Ville de Paris est en baisse constante», constate en préambule Rachida Dati. Dans sa lettre envoyée à la maire socialiste et datée du 12 novembre, l’élue dénonce un «problème important et récurrent d’exactitude des prévisions de recettes dans lequel semble se complaire» l’exécutif de la capitale. «L’écart constaté depuis plusieurs années sur de nombreuses lignes tend à prendre des proportions parfois impressionnantes», souligne-t-elle encore, mettant en cause la «sincérité budgétaire» de l’édile, ainsi que sa capacité à «présenter un compte administratif équilibré pour 2021.»

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«Tutelle budgétaire»

En plus de réclamer un certain nombre de précisions à Anne Hidalgo, Rachida Dati demande également aux autorités de surveiller précisément la situation parisienne. L’élue appelle ainsi le préfet de Paris à opérer «un contrôle particulièrement attentif des prochaines orientations budgétaires, financières et comptables de la Ville de Paris», visant à «mettre un terme à ces dérives dangereuses».

Surtout, l’élue du 7e sollicite les ministres Bruno Le Maire et Jacqueline Gourault pour que ces derniers, et notamment la Cour des comptes, contrôlent étroitement les finances de la Ville, et envisagent de mettre «sous tutelle budgétaire» la capitale.

Le mois dernier, le conseil de Paris avait déjà connu son lot de conflits. Rachida Dati avait reproché à Anne Hidalgo d’utiliser son mandat local pour faire valoir ses ambitions nationales, alors que la socialiste est également candidate à l’élection présidentielle. Plus récemment, l’ancienne Garde des Sceaux a fait part dans une interview au Parisien d’un certain nombre de critiques relatives à la gestion de Paris. «Si les règles étaient respectées, Paris serait déclaré en faillite aujourd’hui», a-t-elle déclaré.