Le contrat engagement jeune ne convainc pas les Français

SONDAGE – Selon un sondage, les Français sont persuadés que les dernières mesures officielles impliquant la distribution d’aides financières sont «électoralistes».

Une mesure électoraliste supplémentaire. C’est ce que pensent 68 % des Français du «contrat engagement jeune» (CEJ), dévoilé ce mardi 2 novembre par le président de la République, selon les résultats d’une étude Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro.

Ce «contrat engagement jeune» consistera en une aide d’un montant de 500 euros maximum par mois, qui pourra être versée – sous conditions – à des jeunes entre 16 et 25 ans, sans emploi ni formation, et qui ne sont pas non plus étudiants. Ce dispositif mobilisera environ 2 des 5,4 milliards d’euros de budget affectés au plan «1 jeune, 1 solution». Cette nouvelle proposition s’inscrit dans la lignée des récentes mesures impliquant la distribution d’aides financières : chèque énergie, chèque carburant, plan pour Marseille et doublement des policiers sur le terrain.

Selon ce sondage, ces déclarations sont perçues par les Français comme «électoralistes», à quelques mois seulement de l’élection présidentielle. Sans surprise, seuls les sympathisants de La République en Marche estiment que le CEJ et les autres aides annoncées récemment répondent à des problèmes importants du moment (70 %).

Une mesure sans «plus-value réelle»

Cependant, les trois quarts des Français estiment que cette mesure va coûter cher, sans pour autant inciter les jeunes à s’insérer professionnellement. 74 % des personnes interrogées redoutent même que le CEJ incite des jeunes à toucher l’aide, sans chercher réellement à s’insérer. Au-delà de son coût, le contrat engagement jeune est déjà une mesure qui divise : seuls 48 % des Français pensent que cette nouvelle aide sera réellement efficace pour insérer les jeunes les plus éloignés de l’emploi. Les premiers concernés, les jeunes de moins de 25 ans, sont ceux qui croient le plus en son efficacité (65 %).

Mesure annoncée dès le 12 juillet, le CEJ a mis plusieurs mois à arriver sur la table, pour être aussitôt vilipendé. Le député Bernard Perrut (Les Républicains) s’est interrogé sur la «plus-value réelle» de ce dispositif, par rapport aux mesures existantes. Pour le député Boris Vallaud (Parti socialiste), le CEJ serait même une réponse «tardive» et «insuffisante». François Ruffin (La France insoumise) dénonce quant à lui un «bricolage de dernière minute».