après son départ de LR, Renaud Muselier rejette la main tendue de Thierry Mariani

L’élu régional du RN avait proposé une alliance au groupe majoritaire pour ne pas que le territoire «tombe aux mains de Macron».

Les soubresauts de la politique nationale rebondissent souvent sur l’échelon local. Après le départ de Renaud Muselier des Républicains – suite à son soutien à Xavier Bertrand pour le Congrès, refusé par l’intéressé -, le groupe régional du président de la région Paca s’est vu offrir une alliance avec celui du «Rassemblement national, Droite populaire et Indépendants», mené par l’ancien ministre Thierry Mariani.

«Les derniers jours ont démontré que Messieurs Estrosi, Falco, et désormais Muselier, sont bien décidés à s’engager clairement dans le cadre de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron», écrivent le président Thierry Mariani et le vice-président du groupe RN Franck Alliosio dans une tribune. «Les électeurs de notre région ont été trompés, vous aussi vous avez été abusés, tout comme – de manière plus ou moins consentante – la direction de votre parti (…). La question que je vous pose est simple : souhaitez-vous voir la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur tomber aux mains d’Emmanuel Macron ?», s’interrogent les auteurs du texte.

Avant de lancer une invitation en bonne en due forme : «Ces principes posés, nous sommes ouverts et prêts à toutes les discussions concernant les contours de ce contrat et la gouvernance de la Région, y compris sa présidence.» Un retournement d’alliance donc alors que les relations entre Thierry Mariani et Renaud Muselier ne sont pas au beau fixe, surtout depuis l’épisode des élections régionales.

En mai 2021, le président de la région Paca avait noué une alliance avec la liste LREM pour contrer les scores que promettaient les sondages à la liste du Rassemblement national. Si Emmanuel Macron avait initié, comme à son habitude, cette opération de déstabilisation et de fracturation de la droite, les cadres du parti à la flamme avait déjà affublé Renaud Muselier d’être le candidat soutenu par l’Élysée.

La réponse du groupe majoritaire ne n’est pas fait attendre. «Cette victoire (des régionales, NDLR), nous l’avons obtenue ensemble (…). face au RN et ceux qui, au sein des Républicains, nous ont volontairement discrédités dans l’espoir de monnayer une alliance avec la droite extrême», expliquent les 83 élus en soutien de Renaud Muselier. Lesquels expriment leur «honneur» et leur «fierté» de ne «jamais transiger sur le respect de nos valeurs républicaines». En clair, un soutien clair et entier au président de la région Sud.