Christophe Castaner dénonce le «sexisme permanent» d’Eric Zemmour

Invité du «Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro», le président du groupe LREM à l’Assemblée en a aussi profité pour lever tout soupçon de concurrence entre le chef de l’État et son ancien premier ministre, Édouard Philippe.

«On aurait pu rêver de faire une heure d’émission sans parler d’Eric Zemmour, mais c’est vrai que dans le contexte d’aujourd’hui, c’est difficile», a reconnu Christophe Castaner, invité dimanche du «Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro». Comme de nombreuses personnalités politiques, le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale s’inquiète de la percée dans les sondages du polémiste. «La question n’est pas la personnalité d’Eric Zemmour dont je me fiche totalement, mais ce qu’il dit, ce qu’il représente», a-t-il souligné, dénonçant notamment le «sexisme permanent de cet homme», que l’on retrouve, selon lui, dans les ouvrages du pas-encore-officiel candidat. «On ne peut pas laisser passer ça», a dénoncé l’ancien ministre de l’Intérieur. Pour Christophe Castaner, Eric Zemmour «ne représente», pour l’instant, «rien politiquement parce qu’il n’est pas candidat à la présidentielle». «Il se cache derrière l’écho médiatique», a-t-il raillé.

S’il est agacé par le polémiste, le patron des macronistes à l’Assemblée salue en revanche les qualités d’un autre homme : l’ancien premier ministre, Édouard Philippe. Ce dernier a fait sensation enlançant samedi au Havre un nouveau parti «Horizons», censé venir «renforcer» la majorité présidentielle. «L’engagement total d’Édouard Philippe et de ceux qui l’accompagnent pour contribuer à la réélection d’Emmanuel Macron est un message fort», a affirmé Christophe Castaner.

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Castaner favorable à une réforme des retraites… mais pas tout de suite

L’ancien ministre a ainsi balayé, à plusieurs reprises, une quelconque concurrence – actuelle ou à venir – entre l’ancien premier ministre et le chef de l’État. «Cette volonté d’élargissement est quelque chose que nous voulons poursuivre», a-t-il par ailleurs souligné, promettant qu’il ne voyait «pas du tout d’un mauvais œil» la tentative de son ancien collègue. Christophe Castaner espère même qu’«une offre politique incarnée par Édouard Philippe peut permettre à des Républicains de LR de trouver un cadre politique».

L’apparition de l’ancien premier ministre dans le débat public oblige cependant les macronistes à se positionner sur certaines questions brûlantes. Le maire du Havre, qui s’est toujours revendiqué de droite, propose notamment de repousser l’âge de départ à la retraite à 67 ans pour réduire la dette. Christophe Castaner n’a souhaité ni approuver, ni réprouver clairement l’idée. Il estime cependant nécessaire, lui aussi, de mener une réforme du système des retraites. «Regardons la réalité. Si nous ne faisons rien, des générations entières n’auront pas le droit à la retraite telle que nous la connaissons aujourd’hui», a-t-il jugé.

Le président du groupe LREM à l’Assemblée a malgré tout avancé qu’un âge «pivot» fixé à 64 ans lui «paraît évident», reprenant par là l’idée longtemps défendue par l’exécutif – et notamment par Édouard Philippe, alors à Matignon. Christophe Castaner juge cependant que «les conditions ne sont pas réunies» aujourd’hui pour conduire un tel projet. Comprendre : le sujet reviendra sur la table en cas de réélection d’Emmanuel Macron pour un second mandat.

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