la droite et le RN critiquent la visite d’Emmanuel Macron à Marseille

Le président de la République restera trois jours dans la ville des Bouches-du-Rhône.

Si ses annonces seront très scrutées, sa visite à Marseille (Bouches-du-Rhône) fait déjà beaucoup réagir dans la classe politique. De mercredi après-midi à samedi, Emmanuel Macron s’installe dans la Cité phocéenne. L’occasion pour le chef de l’État de prendre à bras-le-corps les enjeux de sécurité, de logement, et de trafics de drogue auxquels la ville est confrontée. Accompagné de huit ministres, Emmanuel Macron devrait annoncer un plan massif pour la ville de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros.

C’est à sa droite et au Rassemblement national que cette visite suscite le plus de réactions. À commencer par Valérie Boyer, sénatrice LR des Bouches-du-Rhône, qui tance Emmanuel Macron de «venir avec la même boîte à outils, avec les mêmes promesses» que le quinquennat précédent. Et ce, «à quelques mois de l’élection présidentielle». Et de prévenir que «comme républicaine, (elle) sera cet après-midi à l’accueil du président de la République, mais (qu’elle) ne participera pas au déplacement du candidat Emmanuel Macron (…) qui veut amorcer» une «campagne de recrutement de lui-même». Face aux investissements que le chef de l’État devrait annoncer, le député (LR) du Vaucluse Julien Aubert estime que si «Marseille ne peut qu’être satisfaite et soulagée de ces « cadeaux » (…). le message présidentiel est national : ⁦ Emmanuel Macron veut être réélu, quoiqu’il en coûte ! »

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Son collègue (LR) des Bouches-du-Rhône Éric Diard a également raillé le chef de l’État suite à la diffusion d’un sujet dans l’émission Quotidien où des dealers de drogues géraient le passage des habitants à la Cité des Flamants à Marseille: «Cela, Emmanuel Macron ne le verra pas pendant son séjour de trois jours.» Vidéo qui a également fait réagir la présidente du RN Marine Le Pen: «Quand un quartier entier vit sous la coupe de dealers qui imposent leurs règles au détriment des lois communes, c’est bien, Gérald Darmanin, ce qu’on appelle une «zone de non-droit». Il y en a des centaines en France, et vous ne faites strictement rien.»

Même son de cloche du côté de Philippe Balard, conseiller régional (RN) d’Île-de-France sur BFMTV: «C’est de la communication à l’état brut avec la présidentielle en vue. Le problème n’est pas nouveau (…). On a l’impression qu’Emmanuel Macron découvre la vraie vie des Français (…). On a déversé des dizaines de milliards d’euros pour la politique de la ville.» Et d’ajouter: «Ça sert à quoi de rénover des écoles, d’installer des nouvelles lignes de bus si à 50 mètres vous avez un checkpoint tenu par des dealers ?» Stéphane Ravier, sénateur (RN) des Bouches-du-Rhône considère, quant à lui, que «Marseille est une urgence (…) Emmanuel Macron applique à Marseille ce qui est appliqué depuis des années: le volet social sans que le volet sécuritaire soit rétabli.»

La visite d’Emmanuel Macron, qui doit marquer le coup sur le terrain régalien, souvent perçu comme le talon d’Achille du gouvernement, fait moins réagir à gauche. Sur BFMTV, la maire adjointe de Marseille (DVG) Samia Ghali a expliqué mercredi que «la volonté politique» est dorénavant présente: «Il faut que l’État vienne abonder là où nous avons des manquements pour accompagner.» Mais la prudence reste de mise pour Stéphane Le Foll, candidat à une potentielle primaire PS, sur Sud Radio : «On va juger sur ce que va apporter l’État à cette grande ville qui a besoin de soutien. Le président de la République se déplace, il y a donc un enjeu politique.» Si Jean-Luc Mélenchon, député (LFI) des Bouches-du-Rhône a accueilli le chef de l’État lors de son arrivée, il n’a pas hésité à railler la venue du chef de l’État. «Il y a quelque chose d’insupportablement monarchique dans tout ça (…). je ne comprends pas ce qu’il vient faire là à part la campagne électorale (…). Il y a déjà eu des promesses. Il faut faire attention, ici, les gens sont exaspérés», a-t-il lancé. Comme un avant-goût de la future campagne présidentielle.

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