la droite et le RN s’alarment, la gauche s’inquiète, la majorité discrète

Plusieurs personnalités politiques se désolent d’une situation dramatique.

La classe politique au diapason. Face à l’avancée grandissante des talibans en Afghanistan, désormais aux portes de Kaboul, de nombreuses personnalités ont exprimé leurs craintes et leur désarroi. À commencer par les responsables de droite, très nombreux à s’inquiéter de la chute du pays aux mains des insurgés. Le président des Hauts-de-France et candidat à la présidentielle, Xavier Bertrand a dénoncé «un échec de la communauté internationale doublé d’une nouvelle menace terroriste.» Avant d’avertir sur une «lutte contre l’islam intégriste» qui est «la guerre de notre génération» et sur une «possible nouvelle vague migratoire en Europe.»

Son homologue et concurrente francilienne, Valérie Pécresse a elle aussi mis l’accent sur la «terrible défaite dans notre combat contre l’islamisme», qui fait «ressurgir l’obscurantisme (…) 20 ans après les attentats du 11 septembre.» De son côté, le chef de file des députés LR au Sénat Bruno Retailleau s’alarme d’une «nouvelle menace pour la paix du monde» et critique la «une faiblesse coupable» de l’occident.

Plus à droite sur l’échiquier politique, le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan évoque «une terrible défaite qui va nous coûter cher.» Au sein du Rassemblement national, Marine Le Pen a pointé l’inefficacité de l’Union européenne: «Pendant que ces technocrates débattent du sexe des anges et profèrent leurs menaces dérisoires, l’islamisme avance, se renforce et va installer un califat en Afghanistan, mettant nos peuples et la sécurité du monde entier en grave danger.» Autre réaction, celle du vice-président du parti, Jordan Bardella, qui dénonce une «reconquête» par des «fanatiques islamistes» et appelle à «un sursaut international pour protéger la France et l’Europe d’une déferlante migratoire.»

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Les femmes, «premières victimes de la barbarie islamiste»

La majorité présidentielle, quant à elle, se fait plutôt discrète. La députée (LREM) des Yvelines Aurore Bergé s’émeut du sort des femmes «effacées» qui sont «les premières victimes de la barbarie et du terrorisme islamistes.» Son collègue Hugues Renson, vice-président de l’Assemblée nationale et membre de la Commission des affaires étrangères, s’inquiète d’un «naufrage politique» et d’«un drame humanitaire.»

À gauche, les réactions sont aussi rares. Le leader de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon s’en prend aux États-Unis: «J’ai applaudi la défaite US au Vietnam. Je suis écœuré par leur déroute en Afghanistan (…) Si la guerre ne règle rien, la défaite change tout.» Le patron du Parti socialiste Olivier Faure évoque, lui, une population qui fuit la «barbarie des talibans» et ajoute : «Faut-il rappeler ce que furent les routes de l’exode face au nazisme ?» Le député européen Raphaël Glucksmann déplore que «les Afghans qui nous ont aidés ces 20 dernières années seront abandonnés aux mains des talibans.»

De son côté, l’Élysée a fait savoir que le chef de l’État suivait «heure par heure la dégradation très préoccupante de la situation» et que «la sécurité des Français», appelés à quitter le pays, était «une priorité.» Un Conseil de défense relatif à la situation en Afghanistan se tiendra lundi à 12h en visioconférence, a indiqué dimanche l’Élysée.

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