Michel Barnier: «Le rassemblement ne se décrète pas seul»

VIDÉO – L’ex-négociateur en chef du Brexit, qui était mercredi l’invité du «Talk Le Figaro» ne comprend pas que Xavier Bertrand puisse faire cavalier seul pour la présidentielle de 2022.

Qui sera le candidat idoine, pour porter les couleurs de la droite en 2022? De ce côté de l’échiquier politique, les ambitions présidentielles semblent assez nombreuses. Michel Barnier, qui était mercredi l’invité du «Talk Le Figaro», et ne cache pas son intérêt pour le sujet, ne comprend pas que Xavier Bertrand puisse faire cavalier seul. «Je ne pense pas que l’on puisse décréter le rassemblement tout seul, sans écouter, sans respecter, sans dialoguer avec les autres», a-t-il réagi, assurant que «l’homme providentiel n’existe pas». Fidèle à sa famille politique, le Républicain rappelle, à toutes fins utiles, que Xavier Bertrand a fait le choix de quitter LR, donc «avec des conséquences». Chez Les Républicains aujourd’hui, la cohésion n’est pas un vain mot et l’heure est aux «tentatives» de rassemblement. Aguerri aux négociations, l’ancien ministre se veut optimiste. «On va y arriver, il faut simplement du temps», lâche celui qui, sans relâche, pendant quatre ans, a négocié le Brexit avec le Royaume-Uni, pour le compte de l’UE. Condamnant de plus belle les dernières déclarations du président des Hauts-de-France, «j’ai surtout appris que l’unité, ça ne se décrète pas, l’unité exige du temps, du respect des autres et des citoyens», professe Michel Barnier dans une volonté de sagesse. Lui aussi, peut-être, se verrait bien au rendez-vous de 2022, même si, à ce stade, rien n’est écrit.

«Il ne faut pas avoir peur de la démocratie, du débat», martèle Michel Barnier. Plaidant pour une «responsabilité collective», la bonne vieille méthode, consistant à «se mettre autour d’une table ronde, à discuter entre nous et à trouver lucidement», la solution, a sa préférence. Soulignant que malgré l’abstention très forte, les Français ont fait confiance à la droite, «ils nous invitent à ce devoir d’unité», c’est une exigence de la part des citoyens affirme-t-il. Une autre méthode pourtant, a été présentée par Jean Leonetti, en charge d’un système de départage des possibles candidats à droite, et Christian Jacob. Elle s’appuie sur des sondages préalablement à une primaire, si aucun candidat ne se détache clairement. «Jean Leonetti a ma confiance», jure Michel Barnier, qui approuve cette stratégie, sans pour autant être emballé, car il redoute encore une fois les polémiques, les tensions et les blessures, «dures à cicatriser».

À la quête des Français

Michel Barnier est convaincu que les Français ont envie d’autre chose. Car pour soutenir les candidats aux régionales, l’ancien ministre a parcouru la France pendant huit semaines, à la rencontre des Français. «Parfois on se fait engueuler!» rapporte l’ancien député, assurant que «les Français ont beaucoup de choses à dire et qu’ils ont des problèmes». Lesquels? «Ils considèrent qu’on ne maîtrise pas l’immigration, que l’autorité de l’État n’est pas suffisamment claire, qu’il y a de la sauvagerie dans notre société, du chômage, de l’exclusion», relève le Républicain. Un paradoxe selon lui, car «on a le projet politique qui correspond à ce que souhaitent les Français, sur le plan de l’économie, de l’autorité de l’État, de l’immigration». Il ajoute que LR a encore beaucoup de militants et de nombreux élus, «confirmés, pour certains, avec beaucoup de succès».

Enfin, dernier point fort, sa famille politique compte des personnalités capables, si elles se mettent ensemble, «de constituer le gouvernement dont la France a besoin». Si, pour l’heure, Michel Barnier n’est pas encore candidat à la candidature pour 2022, il s’agit «d’une réponse grave», dit-il, «laissez-moi continuer à aller à la rencontre des Français». L’ancien ministre se verrait tout de même «utile» pour créer «une force collective, constituer une équipe».

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