Etre plus écoresponsable sans perdre son folklore, l’un des défis du Tour de France

Lors de la 18e étape de la 107e édition du Tour de France entre Méribel (Savoie) et La Roche-sur-Foron (Haute-Savoie), le 17 septembre. MARCO BERTORELLO / AFP

La petite phrase avait fait grand bruit : le 9 septembre 2020, en marge du 107e Tour de France, le maire Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de Lyon, Grégory Doucet, fustigeait auprès du quotidien régional Le Progrès, un événement « machiste et polluant ». Un mois plus tôt, Nathalie Appéré, la maire socialiste de Rennes, avait refusé d’accueillir le grand départ en 2021, laissant la place à Brest. Trop dégradant pour l’image de la femme, mais aussi trop cher, trop de déchets…

Depuis plusieurs années, l’impact écologique de la Grande Boucle est pointé du doigt. En 2009, le parti politique Génération Ecologie dénonçait « l’irresponsabilité environnementale des organisateurs du Tour de France ». Dix ans plus tard, six organisations non gouvernementales et trente-quatre députés alertaient, dans une tribune au Journal du dimanche, sur les 18 millions de « goodies », ces petits cadeaux promotionnels distribués en marge de l’épreuve, et qui terminent parfois dans la nature.

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« Je vous mets au défi d’en trouver sur le bord de la route après le passage de la caravane. Les gens ont plutôt tendance à se battre pour les ramasser », glisse Karine Bozzacchi, responsable RSE (responsabilité sociétale des entreprises) des épreuves cyclistes au sein d’Amaury Sport Organisation (ASO), qui organise l’événement. Mais, reconnaît-elle, la gestuelle du jet qui lui est associée devient de plus en plus insupportable pour les téléspectateurs.

Un bilan carbone élevé

La dernière estimation, réalisée en 2013, chiffrait à 341 000 tonnes le bilan carbone d’une édition de l’épreuve. On est loin d’événements comme une Coupe du monde de football ou les Jeux olympiques qui, avec leurs importants travaux, leurs lourds investissements et leurs afflux massifs de populations, enregistrent une empreinte carbone de plusieurs millions de tonnes de CO2. Le nombre n’en reste pas moins considérable, d’autant que l’événement se déroule tous les ans.

« Le dispositif du Tour bouge peu en termes de volume de véhicules, de public », se défend Karine Bozzacchi, qui précise que des bilans vont être réalisés pour les éditions 2019 et 2021 – 2020 ayant été bouleversé par la crise sanitaire ne pouvant servir de référence. Objectif : développer un outil de calcul facilitant un suivi « d’année en année » et permettant de « corriger plus rapidement, en fonction des postes, [les] façons de faire ».

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Les deux principaux pôles d’émissions du Tour, événement itinérant et grand public, sont les transports et les déchets. Entre les équipes, les organisateurs, les médias ou la caravane publicitaire, plusieurs centaines de véhicules suivent le tracé de l’épreuve. Pour cette 108e édition, 85 % de la flotte de l’organisation est équipée de motorisations hybrides, tandis que quelques véhicules 100 % électriques sont intégrés à la course – ils avaient été testés sur trois étapes en 2020.

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