mercredi, août 10, 2022
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Pour Valérie Pécresse, le centre d’accueil des migrants de Samos est un «modèle à dupliquer» dans tous les états frontaliers de l’Europe

Samedi, lors de sa visite sur l’île grecque qui avait défrayé la chronique avec ses bidonvilles chaotiques, la candidate à la présidentielle a tracé les grands axes d’une politique migratoire qu’elle encouragera au sein de l’UE, si elle est élue présidente de la République en avril.

Suivre le modèle grec en matière de contrôle de l’immigration. Samedi, au deuxième jour de son déplacement en Grèce, Valérie Pécresse quitte l’île de Samos et son camp de migrants ultra-sécurisé avec une conviction : pour lutter contre les problèmes migratoires européens, la candidate à la présidentielle estime que l’Europe peut se protéger efficacement, à l’image de ce qui est entrepris par le pouvoir en Grèce.

«Ce que ce gouvernement grec PPE de droite a réalisé ici est un modèle qui allie à la fois la fermeté, le courage de dire non, de refuser des titres de séjour en moins de vingt-cinq jours, et en même temps l’humanité», confie-t-elle, à l’issue d’une immersion de quelques heures sur un territoire insulaire qui fut profondément marqué par une vague migratoire qui était devenue dangereuse et incontrôlable.

43 millions d’euros

Au cours de la même journée, la présidente de la région Ile-de-France a pu constater la différence entre deux camps. D’un côté le terrifiant bidonville de Vathy, devenu tristement célèbre par l’explosion de ses trafics en tous genres, y compris humains. De l’autre, le nouveau camp ultramoderne de Zervouy inauguré il y a quelques mois grâce aux 43 millions d’euros investis par l’Union européenne. Le «Closed controlled access center of Samos» est un centre fermé d’accueil des réfugiés abritant tous les outils d’une structure moderne dont l’objectif principal est clair: évaluer les demandes d’asile dans des conditions maximales d’hygiène et de sécurité. Pour Pécresse, les résultats de cette politique sont «spectaculaires». Elle note que le nombre de clandestins dans le pays est passé de 80.000 à 10.000 individus grâce aux moyens mis en place dans cette zone. Si les ONG dénoncent les limites de ces équipements en matière de droits humains, elles mesurent aussi la qualité des réalisations en se souvenant des sites dans lesquels elles avaient pris l’habitude de compter les tragédies.

Impressionnant

Le camp de Samos est impressionnant: barrières barbelées, double chemin de ronde, mirador, portiques de sécurité, couvre-feu à 20h, armes et alcool interdits, caméras de surveillance, caméras thermiques, drones, agents équipés de lunettes à réalité augmentée… Tout cela connecté à une base de contrôles située à Athènes. Sur le site on trouve aussi des bungalows de quatre couchages avec douche et W.-C., des aires de jeux, des terrains de sport, une cantine et des plats en barquette ou encore un centre de vaccination. «Je soutiens l’idée que ce modèle grec doit être dupliqué dans tous les états frontaliers. Ce centre est assez unique en Europe», salue la candidate en louant une nouvelle fois la conférence de Vilnius prévue les 20 et 21 janvier pour réclamer le financement par l’UE de barrières physiques pour faire converger les flux migratoires vers les 2000 points de passages autorisés, prévus par le traité de Schengen. «Si l’on veut sécuriser les frontières, les migrants doivent passer par ces points. Le premier ministre grec (Kiriakos Mitsotakis) nous a demandé d’appuyer cette demande», insiste Pécresse, en expliquant que des barrières similaires ont été déjà érigées entre la Grèce et la Turquie pour empêcher les «flux massifs» de migrants. «Nous devons soutenir ces pays qui veulent que l’Europe protège davantage ses frontières», ajoute-t-elle, prête à peser pour la création d’une alliance renforcée entre les pays frontaliers de l’Europe, comme elle l’avait expliqué la veille, à Athènes.

Selon Valérie Pécresse, le renforcement de l’agence européenne des garde-frontières Frontex doit être l’autre pilier essentiel du dispositif. Elle plaide pour une accélération du recrutement qui permettrait de donner à cette agence les moyens de mieux contrôler les flux en passant de 3000 à 10.000 agents, comme cela est déjà prévu.

«Impuissance publique»

Si Valérie Pécresse insiste sur ses sujets, c’est aussi parce qu’elle souhaite enfoncer le clou face à sa cible principale de la campagne présidentielle : Emmanuel Macron. «On a voulu mettre la poussière sous le tapis, accuse-t-elle, et cela se traduit en France par des centaines de bidonvilles, plus ou moins cachés dans nos villes, dans nos régions. L’impuissance publique a été à son comble sur ce sujet migratoire». La candidate réclame encore une Europe «régulée qui choisit qui elle accueille et qui fait respecter ses lois et ses frontières».

Refusant de se positionner face à Éric Zemmour et Marine Le Pen, Valérie Pécresse se défend de tout opportunisme sur ces sujets régaliens. Elle sait qu’avant de jouer le match face à Emmanuel Macron, il lui faudra passer avec succès l’étape d’un premier tour et d’une compétition avec deux rivaux évalués entre 16% et 20% des intentions de vote mais la candidate de la droite assure défendre «depuis des années» cette politique migratoire mise en œuvre aujourd’hui par la Grèce. «Quand on est un clandestin, on doit rentrer chez soi», poursuit-elle en citant l’exemple des «grandes démocraties du monde entier», comme les États-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne et l’Australie. «L’Europe est la seule puissance qui ne fait pas respecter ses frontières extérieures», déplore-t-elle, avant de demander la généralisation des demandes d’asile aux portes de l’Europe ou dans les consulats des pays tiers. «On peut se doter d’une logique commune pour les accepter ou refuser. Aucun Européen ne comprend pourquoi les procédures de demandes d’asile ne sont pas harmonisées entre les pays», conclut Valérie Pécresse, avant de reprendre l’avion pour Athènes.

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