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un calendrier défini, des modalités à préciser

Au lendemain d’un bureau politique de LR, la droite cherche toujours comment choisir son futur candidat.

Le casse-tête commence. À 9 mois de l’élection présidentielle, les modalités de sélection du candidat de droite fracturent un peu plus un camp si souvent en proie aux divisions. Entre Xavier Bertrand qui souhaite s’imposer comme «candidat à la présidentielle», et les autres ténors des Républicains – Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau – qui poussent les feux d’une primaire, le président du parti Christian Jacob essaye de trouver une voie de passage. Objectif : gagner du temps en espérant qu’un candidat naturel émerge et repousser à septembre le lancement d’un éventuel «système de départage». Un dispositif déjà lancé et qui repose sur les épaules du maire (LR) d’Antibes (Alpes-Maritimes) Jean Léonetti.

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«Durant l’été, nous allons demander à tous les candidats putatifs de se parler et de prendre leurs responsabilités, de se mettre d’accord», a expliqué le député (LR) du Lot Aurélien Pradié, mercredi matin, sur Europe1. Un trou de souris également poussé par Éric Woerth: «il faut préparer la primaire, sans avoir à l’utiliser». Réunis en bureau politique mardi 6 juillet, Les Républicains ont voulu éviter le scénario catastrophe : deux candidats sur la ligne de départ. Un calendrier pour les prochains mois a été acté en ce sens et plusieurs options émergent.

Quel calendrier ?

Juillet : rencontre avec les candidats

Pour parvenir à réunir tous les prétendants derrière une candidature unique, Jean Léonetti devra faire le tour des prétendants en juillet : Xavier Bertrand (ex-LR), Valérie Pécresse (ex-LR), Laurent Wauquiez (LR), Bruno Retailleau (LR) et Michel Barnier (LR). Pour organiser au mieux cette bataille, l’ancien ministre des Affaires européennes leur demandera de se déclarer avant la fin du mois d’août.

Fin août : lancement du sondage

Méthode très décriée par les prétendants à droite, une grande étude auprès de 15 000 électeurs de la droite et du centre sera lancée avec l’institut de sondage Ifop. Un dispositif qui doit permettre d’observer si un candidat naturel émerge. Ce qui éviterait au parti de mettre en place une primaire.

25 septembre : congrès du parti

Après les résultats du sondage, Les Républicains se réuniront en congrès à cette date pour trancher les modalités de sélection de leur candidat. Si un candidat se distingue, sa désignation devra se confirmer par un nouveau congrès au mois de novembre. Si personne ne parvient à s’imposer, «un processus de rassemblement», selon les mots de Christian Jacob lors de sa conférence de presse mardi soir, sera soumis au vote des militants le 25 septembre. Une sorte de primaire, dont les modalités devront être définies, devra alors être organisée en novembre.

Quelles options ?

Celle de Xavier Bertrand : le président de la région des Hauts-de-France l’a redit mardi soir sur TF1. Il sera «candidat à l’élection présidentielle» pour un mandat unique. En clair, il refuse de participer à la moindre primaire. Poursuivant une stratégie mise en place avant sa réélection dans sa région, l’ancien ministre de la Santé veut «rassembler» au-delà des partis, tout en mettant en garde ses anciens compagnons des Républicains qu’il appelle à la «responsabilité». Mercredi matin, Xavier Bertrand s’est toutefois montré plus mesuré en affirmant sur BFMTV qu’il était chargé de «conduire le rassemblement».

Mettre en place une primaire : «L’homme ou la femme providentiel ne s’est pas imposé», affirment Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau et Hervé Morin, signataires de la tribune publiée mardi 6 juillet dans Le Figaro. «Nous avons donc la responsabilité d’organiser ensemble la compétition et de définir rapidement le mode de désignation de notre candidat à l’élection présidentielle», poursuivent les ténors de la droite. Écartant l’idée du choix du candidat par sondages, ces élus s’en remettent à la primaire : «Il faut donc s’en remettre au système le plus clair, le plus démocratique : le vote». Façon d’afficher un front uni face à Xavier Bertrand.

Une primaire, mais quelles modalités ? : ouverte, fermée, semi-ouverte aux militants LR, sympathisants et électeurs de la droite et du centre… L’organisation de cette primaire relève d’un véritable casse-tête. Avec, en mémoire, les fortes divisions issues de la bataille interne fin 2016, qui ont rendu difficile le rassemblement des différentes écuries derrière François Fillon. Pour éviter de nouvelles fractures, le député (LR) du Vaucluse Julien Aubert propose notamment, mercredi 7 juillet, sur France Info «une procédure multi-vote où chaque électeur peut voter pour autant de candidats qu’il le désire». Selon lui, «le candidat arrivé en tête sera le plus consensuel». Le tout, pour éviter d’avoir un candidat clivant choisi par un noyau dur, et qui ne correspondrait pas aux attentes du corps électoral. En 2017, les deux candidats victorieux des primaires, François Fillon et Benoît Hamon, n’avaient pas franchi la barre du premier tour.

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