samedi, août 13, 2022
19.7 C
Nantes

À l’Assemblée nationale, la majorité multiplie les couacs depuis le début du quinquennat

La suspension du vote sur le passe vaccinal, survenue dans la nuit de lundi à mardi, s’ajoute aux nombreuses déconvenues déjà subies par LREM dans cette législature.

Changement de programme pour l’exécutif. Dans la nuit de lundi à mardi, l’examen du projet de loi renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire – et instaurant le passe vaccinal -, censé se terminer au petit matin, a tourné court. Un vote à main levée convoqué aux alentours de minuit a en effet mis fin aux discussions, à la surprise du ministre de la Santé, Olivier Véran, et de la majorité présidentielle.

Un revers pour le gouvernement, qui fait les frais du manque de mobilisation de ses troupes, pas assez nombreuses dans l’hémicycle pour y rivaliser avec les oppositions. Une tournure surprenante, mais pas inédite pour les Marcheurs, dont les couacs survenus au cours de cette législature sont déjà nombreux. Surtout ces deux dernières années.

● En janvier 2020, Emmanuel Macron appelle sa majorité à «l’humanité»

L’année 2020 commence dans la douleur pour les élus de la majorité. Le 30 janvier, le Palais Bourbon – emmené par les macronistes – rejette une mesure visant à faire passer le congé des salariés de 5 à 12 jours en cas de décès d’un enfant. Le vote entraîne rapidement un tollé, et députés et ministres se font recadrer par Emmanuel Macron lui-même, qui leur réclame de «faire preuve d’humanité». La ministre du Travail de l’époque, Muriel Pénicaud, reconnaît alors une «erreur» dans ce choix de la majorité, et le texte est finalement remanié lors de la navette parlementaire.

En novembre 2020, la majorité se retrouve mise en minorité

Face à la deuxième vague épidémique, le gouvernement soumet à l’Assemblée nationale un texte visant à prolonger l’état d’urgence sanitaire. Mais le projet de loi échappe rapidement à l’exécutif, qui se retrouve dominé en nombre par l’opposition lors de la séance. Face à une majorité trop peu nombreuse en début de soirée, les députés présents parviennent à voter une clause de revoyure ainsi qu’une réduction de la durée de prolongation de l’état d’urgence. «La majorité est incapable d’être rassemblée sur un texte sur l’urgence à 21h», tance alors l’élu LR Philippe Gosselin. De retour dans l’hémicycle, Olivier Véran dénonce alors un texte «déstabilisé» et tente de rectifier le tir. Le lendemain, la majorité vote à nouveau l’état d’urgence sanitaire et rétablit cette fois la date voulue, sous les vives critiques de ses opposants.

En mai 2021, les élus MoDem font de la résistance

Dans la nuit du mardi 11 mai au mercredi 12 mai, les députés votent le projet de loi organisant la fin de l’état d’urgence et entérinant la mise en place du passe sanitaire. Contre toute attente, le texte n’est pas adopté lors de la première délibération – les élus MoDem, pourtant partenaires de La République en marche, ayant décidé de retirer leur soutien au texte du gouvernement à cause de son manque de clarté. Une deuxième délibération est demandée par l’exécutif, qui adopte finalement dans la nuit, avec l’appui de son allié centriste, le texte initial.

En juin 2021, grabuge autour de l’allocation adultes handicapés

Le 17 juin, la niche parlementaire des communistes met sur la table la déconjugalisation de l’allocation adultes handicapés. Contre l’avis du gouvernement, le texte est adopté une première fois par l’Assemblée nationale, faute de députés de la majorité présents en nombre suffisant, puis par le Sénat. De retour au Palais Bourbon, le texte fait à nouveau l’objet de dissensions puisque le groupe Agir, pourtant membre de la majorité, décide de lui apporter son soutien. Le gouvernement utilise alors au mécanisme de la réserve de voix, qui lui permet de reporter le scrutin le temps de mobiliser ses élus, ainsi qu’au vote bloqué, qui l’autorise à accélérer la procédure.

En octobre 2021, le vote se joue à une voix près

Après de vifs débats, les macronistes se font une première frayeur en octobre dernier lors de l’examen du projet de loi de vigilance sanitaire, voyant l’article principal portant sur la prolongation du passe sanitaire être adopté à seulement une voix près – par 74 contre 73. Plus tard dans la nuit, le texte tout entier passe à seulement dix voix d’écart, renvoyant une fois de plus la majorité à sa faible mobilisation. Le presque-incident vaut aux députés d’être sermonnés par leur chef de file, Christophe Castaner, qui leur reproche régulièrement depuis leur «absentéisme», injustifiable à ses yeux.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici