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face aux députés, Olivier Véran défend un projet de loi pour «presser» les «indifférents»

Auditionné ce mercredi par la commission des lois de l’Assemblée Nationale au sujet du projet de loi, le ministre de la Santé a reconnu que cette nouvelle mesure ne convaincrait pas les sceptiques.

Olivier Véran était auditionné cet après-midi par les députés de la commission des lois au sujet du projet de loi sur le passe vaccinal. Initialement prévu pour une application fin janvier, ce texte qui prévoit de transformer le passe sanitaire en passe vaccinal est examiné par la commission des lois au Palais Bourbon mercredi. Il sera ensuite discuté dans l’hémicycle du Palais Bourbon à partir de lundi et au Sénat à partir du mercredi 5 janvier pour une entrée en vigueur prévue dès le 15 janvier.

L’audition a débuté par un mot de Yaël Braun-Pivet, députée (LREM) des Yvelines et présidente de la commission des lois, qui a d’abord condamné les menaces reçues par les députés avant le vote sur ce projet de loi. Après avoir lu l’une de ces lettres à voix haute, celle-ci a ajouté : «Nous sommes là pour débattre, exprimer des opinions opposées, mais dans le respect de chacun, les menaces n’ont rien à faire dans l’espace public.»

Le ministre a ensuite annoncé plus de 200.000 contaminations au cours des dernières 24 heures. Un million de personnes sont actuellement contaminées et environ 10 % des Français sont aujourd’hui cas contacts d’une personne ayant été testée positive. «Je ne parlerais plus de vague au sujet d’Omicron, je parlerais de lame de fond, et même, vu les chiffres, de raz-de-marée» a déclaré notamment le ministre de la Santé. Il a par ailleurs précisé que 70 % des patients actuellement hospitalisés à Paris n’avaient pas reçu le vaccin. «Il y a peu de chances que vous passiez entre les gouttes» a-t-il lancé à l’adresse des Français non-vaccinés.

Presser les indifférents plutôt que convaincre les sceptiques

Le ministre a détaillé quelle était, selon lui, la typologie des personnes non-vaccinées en France. D’abord, les Français «qui sont loin de tout», comme beaucoup de personnes âgées. Pour celles-ci, le plus important est de poursuivre les campagnes d’information avec une forte présence sur le terrain, selon le ministre. Ensuite, les personnes irréductiblement «méfiantes» quant à la vaccination et pour qui même le passe vaccinal ne suffira peut-être pas, d’après Olivier Véran, qui regrette «une forme de délire». Reste une troisième catégorie, les personnes «plus ou moins indifférentes» sur la vaccination, «souvent des jeunes» se disant «j’ai pas le temps, je vis ma vie», selon le ministre. Le passe vaccinal vise donc «à presser les non-vaccinés indifférents plutôt qu’à convaincre les sceptiques».

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Compte tenu de l’ampleur de cette cinquième vague, Olivier Véran a déclaré défendre un projet de loi «équilibré, proportionné à l’enjeu d’une cinquième vague». Il a par ailleurs précisé que ce passe ne sera pas exigé «pour se rendre à l’hôpital ou dans un Ehpad» afin de ne pas «interdire l’accès aux soins aux non-vaccinés».

Le groupe LR ne s’opposera pas au texte

«Nous ne nous opposerons pas au passe vaccinal», a indiqué quant à lui le député Ian Boucard au nom du groupe parlementaire LR. Celui-ci a néanmoins précisé que l’opposition présentera plusieurs amendements, notamment en vue de réserver le passe vaccinal aux personnes majeures et pour limiter dans le temps son instauration. Le député a indiqué également que son groupe souhaite réserver aux forces de l’ordre le contrôle de ce passe.

Olivier Véran, rappelant l’opposition des partenaires sociaux, a redit également que le passe vaccinal ne sera pas exigé sur le lieu de travail. Au sujet d’un «passe 2G+» (ajoutant l’exigence d’un test négatif en plus d’un schéma vaccinal complet, comme en Allemagne), le ministre a affirmé que la question était légitime mais que cela ne nécessitait pas de loi et que la décision pourrait être éventuellement prise ultérieurement.

En ce qui concerne les jauges (qui ne seront pour l’heure pas imposées aux meetings politiques), le ministre a souligné qu’il n’y avait «pas de volonté du gouvernement de faire deux poids, deux mesures. C’est un enjeu constitutionnel difficile à contourner.» En outre, après avoir rappelé que «les élections se tiendront en temps et en heure et en sécurité dans les meilleures conditions possibles», Olivier Véran a estimé être «plutôt favorable» à un amendement autorisant les organisateurs de ces meetings qui veulent le passe sanitaire.

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