mercredi, août 10, 2022
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Ruinart, des bulles de champagne responsables

La plus ancienne maison de champagne, fondée en 1729, a toujours été en avance : sur les bulles rosées dès 1764, qu’on appelait alors « oeil-de-perdrix » ; dans les crayères, à la fin du XVIIIe siècle ; avec les artistes, des affiches d’Alphonse Mucha en 1896 à L’Aerocène du plasticien argentin Tomás Saraceno cette année ; en écoconception depuis 2012 ; en agriculture durable, certifiée HVE depuis 2014 ; et aujourd’hui dans la vitiforesterie, pour recréer les paysages arborés, fragmentés et harmonieux d’autrefois. 

De la reforestation…

Accompagné par Reforest’Action, Ruinart s’est lancé dans le reboisement des 40 hectares de son vignoble historique de Taissy : haies périphériques, bosquets intra-parcellaires, arbres isolés, et îlots de feuillus pour favoriser des réserves de biodiversité et créer des corridors destinés à guider les oiseaux et les insectes vers la vigne. 

A la fin de cet hiver, 20 000 arbres et arbustes auront été plantés sur la Montagne de Reims, en deux campagnes. Les essences locales – charmes, aubépines, fusains, cornouillers, saules, sorbiers, hêtres, tilleuls… – ont été privilégiées pour attirer la faune utile : les coccinelles, chrysopes, oiseaux et autres chauve-souris. Les grands travaux ont sacrifié très peu de rangs : « C’est un projet pilote que nous souhaitons déployer à grande échelle. Il fallait donc que nos capacités de production restent intactes et que cela ne complique pas la circulation des tracteurs », souligne Frédéric Dufour, le président de cette pépite du groupe LVMH. Deux apporteurs de raisins se sont déjà portés volontaires pour des plantations chez eux, financées par la maison. Dans une Champagne qui se réchauffe à grande vitesse – + 1,3 degré en trente ans -, Ruinart espère ainsi réduire un peu l’ensoleillement sur les vignes et créer un petit effet climatiseur,  » peut-être perdre un degré quand il fait très chaud « . 

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

Au packaging responsable

De l’arbre au papier, il n’y a qu’un pas, franchi l’année dernière avec l’étui « seconde peau ». Plutôt que des coffrets unitaires, accessoires lourds et émetteurs de CO2 – en production comme en transport – et « toujours plus imposants dans le monde du luxe », pointe Frédéric Dufour, la maison propose, pour revêtir ses flacons galbés, une coque rigide, minimaliste, en fibre de cellulose recyclable.  » Et même compostable. « Deux ans d’essais et sept prototypes élaborés avec la manufacture écossaise James Cropper auront été nécessaires pour mettre au point cet habit à la texture soyeuse et délicatement striée, comme les crayères, enroulé autour de la bouteille telle la serviette immaculée du sommelier. 

Conçu pour protéger les blanc de blancs – en verre transparent – du goût de lumière, il contient un oxyde métallique naturel qui renforce l’opacité de la protection, assez résistante pour supporter le plongeon dans le seau à glace. Neuf fois plus léger que le coffret cartonné qu’il remplace, ce poids plume réduit l’empreinte carbone du packaging de 60 %. Pour les fêtes, l’étui mat habille aussi les magnums de Blanc de Blancs, avec une édition limitée de 20 pièces uniques (550 €), gravées à la pointe sèche par Antonin Anzil. L’artiste fait émerger du papier crayeux le relief et la végétation de Taissy vus du ciel. Poétique et tangible. 

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