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et l’Angleterre s’autorisa enfin à rêver

Des supporteurs célèbrent la qualification de l’Angleterre dans les rues de Birmingham, mercredi 7 juillet 2021. JACOB KING / AP

La malédiction anglaise est enfin brisée. Cinquante-cinq ans après sa finale victorieuse en Coupe du monde en 1966, l’Angleterre atteint de nouveau la dernière marche d’une compétition internationale.

Après une victoire tendue, difficile, qu’il a fallu arracher sur un penalty dans les prolongations, les Trois Lions se sont imposés 2-1 contre le Danemark, mercredi 7 juillet, pour s’offrir une finale contre l’Italie dimanche.

Revivez le match : l’Angleterre renverse le Danemark et rejoint l’Italie en finale

Finis les échecs ressassés depuis si longtemps, les défaites héroïques et les séances de tirs au but qui finissent mal. Les Anglais n’ont pas encore gagné l’Euro 2021 (ou « l’Euro 2020 » comme l’UEFA s’évertue à appeler le tournoi), loin de là, mais à Wembley, personne n’en demandait plus. « Je n’aurais jamais cru que cela arriverait de mon vivant, éructe Simon Wilson, enroulé dans son drapeau anglais. Normalement, on vient voir l’Angleterre pour l’atmosphère, pour le plaisir d’être entre supporteurs, mais on s’attend à être nuls. » Et après une pause, il ajoute, presque surpris, dans une litote très anglaise : « Cette fois-ci, le football a été OK. »

Plus qu’une immense célébration, c’est un gigantesque soulagement qui s’est emparé de Wembley, le stade même où la presque mythique Coupe du monde de 1966 avait été remportée. « Je suis né en 1966, tente d’expliquer Simon Allen. Pour moi, rien ne peut être mieux que la victoire d’aujourd’hui. Quand le coup de sifflet final a retenti, j’avais les larmes aux yeux, l’émotion était vraiment forte. » A côté de lui, un supporteur ajoute immédiatement : « mais on ne gagnera pas contre l’Italie, j’en suis sûr. »

Des habitués de l’espoir déçu

Ne pas trop espérer, jamais. Etre supporteur de l’Angleterre se mérite. Le pays a peut-être inventé le football dans sa version moderne et accueille le championnat le plus regardé et le plus riche au monde, mais l’équipe nationale est l’histoire d’une plaie profonde et sans cesse grattée. Dans les tribunes, il fallait voir chez les 66 000 spectateurs pendant les cent vingt minutes du match la tension à fleur de peau. Les bouches qui se tordent, les ongles rongés, les visages tendus. Avant le match, un mot revenait sans cesse : « nerveux. » « Vous êtes Français et vous avez pris l’habitude de gagner, mais nous n’avons pas l’habitude d’être à ce niveau », tentait de nous expliquer Dimitri D’Cunha.

Et quand à la 30e minute, le Danois Mikkel Damsgaard a planté un magistral coup franc sous la barre transversale de Jordan Pickford, le gardien anglais, tous les mauvais souvenirs sont remontés à la surface. La défaite contre l’Allemagne en demi-finale de la Coupe du monde en 1990, aux tirs au but. La même défaite de la même manière contre la même équipe en 1996, en demi-finale du championnat d’Europe. L’échec en demi-finale de la Coupe du monde contre la Croatie en 2018. Tant d’espoirs anéantis pour une nation qui se rêve comme dominatrice du football mondial et doit bien se rendre à l’évidence : dans l’histoire, cela a rarement été le cas.

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