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Éric Zemmour revêt les habits de candidat

Pour son premier meeting, l’essayiste a réuni à Villepinte plus de 12.000 personnes cinq jours après sa déclaration officielle de candidature. Il s’est offert une démonstration de force, inédite dans cette campagne.

Il la pensait derrière lui. Pour Éric Zemmour, la «croisée des chemins» était pourtant bien ce dimanche, lors de ce premier grand raout de campagne présidentielle. Cinq jours après sa déclaration officielle de candidature ; un mois après les premiers hoquets de la dynamique qui a pu le porter, courant octobre, dans les sondages, aux portes du second tour.

L’essayiste a voulu signer une démonstration de force, inédite par son envergure dans cette campagne pour 2022. Remplir l’immense hall du parc des expositions de Villepinte, près de Paris, à quatre mois de la présidentielle. Douze mille cinq cents places assises, sept écrans géants, une scénographie digne d’une superproduction, sous des jets de lumière bleu, blanc, rouge… Rien n’a été épargné pour contredire le récit qui, après plusieurs maladresses et polémiques, dépeignait déjà l’essayiste en étoile filante. À la tête d’une percée aussi flamboyante qu’éphémère. «Pari réussi», jubilaient équipe et proches du candidat, leur champion pas encore sur l’estrade.

Volonté d’en découdre

«On ne fait plus de la politique, on fait de l’histoire», assure l’essayiste Paul-Marie Couteaux, en voyant le hangar se remplir d’une dizaine de milliers de personnes. Parmi lesquelles moins de 30 ans et catégories sociales supérieures étaient particulièrement représentés. Dans les premiers rangs, outre la femme et les enfants de l’auteur du Suicide français, pouvaient être aperçus l’homme d’affaires Pierre-Jean Chalençon, une veste à l’effigie de Napoléon Bonaparte sur le dos. Aux côtés de l’ancien député macroniste Joachim Son-Forget. «Nous sommes déjà à 40.000 tweets, 20.000 personnes sont connectées au live, et ça n’a même pas commencé, se félicite Samuel Lafont, responsable numérique de la campagne. Même sans connaître le discours, le simple fait qu’il y ait autant de gens suffit à renverser la dynamique.»

Arrivé sur scène sous les désormais traditionnels «Zemmour président», l’essayiste aura attaqué son discours avec la volonté d’en découdre avec ses contempteurs: «Vous avez bravé le politiquement correct, les menaces de l’extrême gauche et la haine des médias, félicite ses supporteurs l’ancien journaliste, fines lunettes sur le nez. Mes adversaires veulent ma mort politique, les journalistes veulent ma mort sociale et les djihadistes veulent ma mort tout court.»

Pour mieux opposer la ferveur militante dont il jouit aux attaques d’un prétendu système contre lui, Éric Zemmour lance à ses militants: «S’ils me détestent, c’est parce qu’ils vous détestent ; s’ils me méprisent, c’est parce qu’ils vous méprisent. Vous, ce peuple qu’ils avaient sous-estimé, dont ils pensaient même s’être débarrassés.»

Dans sa prise de parole très écrite de plus d’une heure trente, le candidat assure: «Oui, je fais une distinction entre qui est français et qui ne l’est pas. Non, je ne renverrai pas certains Français! Oui, je tends la main aux musulmans qui veulent devenir nos frères! Beaucoup le sont déjà.» Avant de répéter sa volonté de revenir sur le droit du sol, de durcir les conditions de naturalisation et de supprimer les prestations sociales aux étrangers.

Ralliements

L’absence, ce dimanche, du fondateur du Puy du Fou, Philippe de Villiers, a été ressentie comme une «importante déception» pour Éric Zemmour, selon plusieurs proches. Un défaut comblé tant bien que mal par une succession de prises de parole «alliées». De Vijay Monany, jeune élu Les Républicains de Seine-Saint-Denis, à l’ex-élue Rassemblement national d’Auvergne-Rhône-Alpes, Agnès Marion. Sans oublier l’ancienne représentante des «gilets jaunes», Jacqueline Mouraud, la présidente du mouvement conservateur (ex-Sens commun) Laurence Trochu et le chef de Via (ex-Parti chrétien-démocrate) Jean-Frédéric Poisson.

Tous auront sans surprise officialisé leur ralliement à la candidature d’Éric Zemmour, pour avoir «réussi à installer des enjeux de civilisation au cœur de la campagne présidentielle». Tous ont vocation à rejoindre le nouveau parti d’Éric Zemmour, Reconquête, dont le lancement a été officialisé ce dimanche et auquel le candidat a appelé en conclusion de son meeting tout un chacun venant de LR, du RN ou des rangs de l’abstention à adhérer. «Je tends la main aux électeurs, aux cadres, aux sympathisants, Les Républicains dont beaucoup ont été représentés par mon ami Éric Ciotti», a-t-il conclu quelques heures seulement après que le finaliste déçu du congrès LR a publiquement manifesté de premières divergences avec Valérie Pécresse.

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