mercredi, août 10, 2022
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Le dernier débat LR n’a pas altéré l’unité

Les cinq candidats ont été invités à réagir à la candidature d’Éric Zemmour, mardi soir, sur France 2.

Les organisateurs du quatrième débat télévisé de la droite, organisé mardi soir entre les cinq candidats à l’investiture des Républicains sur France 2 et France Inter, avaient prévu d’aborder les thèmes de la sécurité et de l’immigration après ceux de la santé, du pouvoir d’achat et de l’écologie. Mais avec la candidature d’Éric Zemmour, annoncée le même soir sur TF1, puis l’entrée au Panthéon de Joséphine Baker, les prétendants ont été invités à débuter leur dernier débat par les deux actualités du jour.

Ils l’ont fait juste après avoir défini l’idée qu’ils se faisaient de la France en choisissant des symboles. Valérie Pécresse a évoqué Jeanne d’Arc comme illustration d’une « France debout qui résiste à l’envahisseur ». Xavier Bertrand a cité le général de Gaulle, image, selon lui, de l’unité de la droite prête à redresser le pays. Philippe Juvin a évoqué ses deux grands-pères, paternel et maternel, en estimant que tout était possible grâce à la connaissance. Pour rappeler les racines chrétiennes de la France et le fait qu’il considère son pays comme une « civilisation », Michel Barnier s’est tourné vers le Mont Saint-Michel. Enfin, Éric Ciotti s’est souvenu de son village natal des Alpes-Maritimes, Saint-Martin-Vésubie, qui fut un refuge pour des familles juives durant la guerre et une commune pour lui, des « valeurs » et de la « transmission ».

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Des thèmes inédits

Les invités ont réagi ensuite aux propos d’Éric Zemmour qui les avait qualifiés « d’impuissants » dans sa déclaration de candidature. Pour Valérie Pécresse, l’accusateur, qu’elle qualifie « d’homme de provocations », fait preuve d’une « certaine fébrilité ». Xavier Bertrand, comme Michel Barnier, lui ont opposé la « France de générosité » incarnée par Joséphine Baker en estimant que l’essayiste n’avait pas « la stature pour être président ». Barnier a rappelé qu’il s’agissait d’élire le nouveau président de la France en appelant au « sérieux », à la « dignité » et au « respect ». Voyant Éric Zemmour comme un candidat qui « blesse les Français », Philippe Juvin s’est adressé directement aux Français musulmans qui souhaitent que la France « redevienne un grand pays » en les qualifiant de « frères en citoyenneté ». Seul Éric Ciotti a estimé que la droite républicaine devait avoir la « responsabilité » d’apporter des réponses aux « peurs » pointées par Éric Zemmour.

Après ce passage obligé, les cinq candidats LR ont apprécié d’être également interrogés sur des sujets qui n’avaient pas été traités en priorité lors des trois premiers débats. Santé, gouvernance, pouvoir d’achat, économie… Face au Covid, ils ont souvent partagé les mêmes constats sur la nécessité d’éviter un nouveau confinement, d’accélérer la troisième dose de vaccins et d’engager sans attendre une transformation du système de santé français. « Nous sommes des somnambules, avec une impréparation la plus totale et la plus permanente », a dénoncé le médecin Juvin, chef de service à l’hôpital Pompidou, quand les autres ont insisté sur la nécessité de débureaucratiser l’hôpital public (Pécresse), faire bouger le numerus clausus (Bertrand), lutter contre la fraude (Barnier) ou en finir avec « l’hospitalocentrisme » (Ciotti).

À quelques heures du premier tour de la primaire interne, ils ont voulu préserver l’unité en répondant sur le fond des sujets traités, sans prendre le risque de s’affronter durement

Concernant la durée du mandat présidentiel, les avis ont divergé. Xavier Bertrand et Michel Barnier se sont engagés à en effectuer qu’un seul alors que Valérie Pécresse et Philippe Juvin ont plutôt défendu l’idée d’un double quinquennat. Éric Ciotti s’est dit favorable au retour du septennat.

Au chapitre du pouvoir d’achat, les candidats ont défendu des mécanismes différents. Lors d’un rare échange direct entre invités, Michel Barnier a interpellé sa voisine Valérie Pécresse sur son idée d’augmenter les salaires nets à hauteur de 10 %, renvoyant à l’État le règlement des cotisations retraites à la place des entreprises. Pour lui, cette disposition serait « retoquée » par le Conseil constitutionnel et ferait doubler la facture.

Si les échanges de mardi soir n’ont pas vraiment permis d’éclairer l’issue de la campagne interne des Républicains, les cinq candidats se sont inscrits dans le prolongement des trois premiers débats. À quelques heures du premier tour de la primaire interne, ils ont voulu préserver l’unité en répondant sur le fond des sujets traités, sans prendre le risque de s’affronter durement. En affichant leur détermination à gouverner la France, ils ont eu, une nouvelle fois, l’occasion d’éclairer leur projet et de poser leurs ambitions entre les mains des 139 .918 adhérents du mouvement LR. Car si de nombreux téléspectateurs ont suivi l’émission mardi soir, seuls les électeurs du congrès seront invités aux urnes pour deux tours de scrutin, à partir de mercredi. De leur choix final, une seule personnalité émergera. Elle héritera d’une mission difficile : mettre la droite en situation de gagner la prochaine élection présidentielle. Dans cinq mois.

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