lundi, août 15, 2022
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En Martinique, «c’est le gun qui parle la nuit»

REPORTAGE – L’instauration d’un couvre-feu entre 19 heures et 5 heures n’a pas fait baisser la fièvre sur l’île.

À Fort-de-France

À l’heuredes laudes, le soleil déjà brûlant inonde la nef de la cathédrale Saint-Louis. Devant une quarantaine de fidèles à la moyenne d’âge avancée, le père Eddy Ertus cite l’Apocalypse selon Saint-Jean et prononce son homélie. «Face à une épreuve, le seul moyen de s’échapper si on ne le peut pas physiquement, c’est de prier.» Parmi ses ouailles, la foi ne suffit plus toujours à apaiser les âmes alors que la Martinique brûle chaque nuit.

«La population est à bout», souffle Cécile, au bord des larmes, sur le parvis de l’édifice. En ralliant le centre de Fort-de-France samedi matin, la commerçante a embouti sa voiture contre un réfrigérateur calciné, vestige d’un barrage dressé sur le rond-point Desrochers, dans l’est de la ville. Quelques heures plus tôt, Cité Godissard, le bureau de poste a été attaqué à la pelle mécanique et une station-service a été incendiée. La même nuit, les locaux de la police municipale de Fort-de-France ont été pris d’assaut et le lycée professionnel

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