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À Bordeaux, les arbres sont désormais des «sujets de droit»

Le maire (EELV) de Bordeaux, Pierre Hurmic, a signé mercredi une Déclaration des droits de l’arbre avant d’annoncer une série de mesures pour végétaliser sa ville.

«L’arbre, être vivant sensible aux modifications de son environnement, doit être respecté en tant que tel, ne pouvant être réduit à un simple objet. Il a le droit à l’espace aérien et souterrain qui lui est nécessaire pour réaliser sa croissance complète et atteindre ses dimensions d’adulte. Dans ces conditions l’arbre a droit au respect de son intégrité physique.» Tel est l’énoncé de l’un des articles de la Déclaration des droits de l’arbre, un texte rédigé par une association d’«amoureux de la nature» et signé le 24 novembre par le maire (EELV) de Bordeaux, Pierre Hurmic.

«C’est pour les protéger que la ville de Bordeaux signe le 24 novembre 2021 la Déclaration des droits de l’arbre», explique la municipalité dans un communiqué. «Rédigée par l’association A.R.B.R.E.S. avec le soutien d’arboristes professionnels, de juristes et de parlementaires, la Déclaration des droits de l’arbre a été proclamée devant l’Assemblée nationale le 5 avril 2019. Elle inscrit l’arbre dans le Code civil comme être vivant et titulaire de droits.»

Le texte, qui n’a aucune valeur juridique et dont la signature constitue simplement un coup politique pour l’édile bordelais, vise en réalité, de l’aveu même de la Ville de Bordeaux, «l’émergence d’une protection légale de l’arbre en France».

«Nature sanitaire, voire nourricière»

Dans un entretien à la presse locale, Pierre Hurmic précise son ambition en ces termes : «C’est une reconquête végétale de la ville, qui nous paraît plus que jamais indispensable. Il s’agit de passer d’une végétalisation d’embellissement à une végétalisation pour le bien-être et la santé des habitants.» Son initiative, ajoute-t-il, fait écho à «une demande de nature sanitaire, voire nourricière.»

Depuis sa sortie polémique sur les sapins de Noël, qu’il avait qualifiés d’«arbres morts», le maire de Bordeaux a déployé un plan baptisé «Bordeaux grandeur Nature» et dont il annonçait cette semaine le second volet, dans lequel il promet la plantation de 1626 arbres dans la ville en plus d’une «forêt urbaine» qui doit en accueillir 5000 de plus.

Le texte va plus loin, cette fois en prônant une véritable révolution juridique et philosophique, pour faire évoluer le statut de l’arbre dans la société française.

La Déclaration des droits de l’arbre servira donc à appuyer l’insistance de la mairie auprès des entreprises de BTP qui endommageraient des arbres au cours de leurs chantiers. Comme dans cet exemple que cite l’adjoint Didier Jeanjean : «sur un chantier, 13 arbres ont été endommagés. On a imposé à l’opérateur de replanter 25 arbres. S’il n’y a pas d’action de compensation effectuée, l’opérateur s’expose à des sanctions financières.»

La municipalité vise également le recensement de nouveaux arbres protégés et classés dans le PLU (en deux ans, le nombre d’arbres classés a déjà été triplé : de 42 en 2019 à 182 en 2021).

Mais le texte va plus loin, cette fois en prônant une véritable révolution juridique et philosophique, pour faire évoluer le statut de l’arbre dans la société française : «l’arbre doit être considéré comme sujet de droit», énonce ainsi l’article 3 de ce texte.

Cette déclaration a été adoptée arbres.org

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