vendredi, août 12, 2022
24 C
Nantes

L’éditeur de jeux vidéo Konami annule son contrat avec Griezmann après la diffusion d’une vidéo polémique

Antoine Griezmann au stade de Bucarest, le 27 juin 2021. FRANCK FIFE / AFP

L’attaquant français Antoine Griezmann est dans la tourmente. Au cœur de la polémique, la diffusion récente de deux vidéos amateur datant de 2019 montrant les joueurs de l’équipe de France Ousmane Dembélé et Antoine Griezman se moquer du physique et de la langue d’employés d’un hôtel au Japon. Mercredi 7 juillet, l’éditeur de jeux vidéo japonais Konami a décidé mercredi de rompre le contrat d’ambassadeur d’Antoine Griezmann.

« Nous avions annoncé qu’Antoine Griezmann serait notre ambassadeur Yu-Gi-Oh!, mais, à la lumière des évènements récents, nous avons décidé d’annuler le contrat », a fait savoir l’entreprise dans un communiqué. Konami, qui publie chaque année un jeu de football pour consoles, Pro Evolution Soccer, a aussi demandé au FC Barcelone « d’expliquer le détail de cette affaire et les actions futures ». « La discrimination sous toutes ses formes est inacceptable », a renchéri l’éditeur.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi 2020, l’année où les footballeurs se sont élevés contre le racisme Des excuses sur les réseaux sociaux

L’une des vidéos, diffusée vendredi 2 juillet sur un compte YouTube quasi anonyme – qui compte vingt-cinq abonnés –, montre Dembélé qui interpelle son équipier du Barça pendant que des techniciens s’affairent autour d’un téléviseur dans une chambre d’hôtel. Il ironise sur leur physique et leur langue sous le regard de Griezmann, amusé mais silencieux. Ces images ont été reprises dans un tweet particulièrement relayé, appelant à arrêter le racisme envers les Asiatiques avec le hashtag #StopAsianHate. Une seconde vidéo, beaucoup plus courte, montre Antone Griezmann en train d’imiter un accent asiatique sur un ton moqueur.

Les deux joueurs se sont excusés dimanche 4 juillet. « Je me suis toujours engagé contre toute forme de discrimination. (…) Je réfute avec fermeté les accusations qui me sont portées et je suis désolé si j’ai pu offenser mes amis japonais », a affirmé Antoine Griezmann. Son partenaire à Barcelone et en équipe de France a assuré de son côté qu’il « aurait utilisé les mêmes expressions » n’importe où sur la planète, et ne visait « aucune communauté ».

Je me suis toujours engagé contre toute forme de discrimination. Depuis quelques jours certaines personnes veulent… https://t.co/xoGCzlZd3V

— AntoGriezmann (@Antoine Griezmann) Rakuten demande des comptes

Mardi 6 juillet, Hiroshi Mikitani, le PDG du géant japonais du commerce en ligne Rakuten, sponsor maillot du FC Barcelone, a dit vouloir « une explication » et a fait savoir sur le réseau social Twitter qu’il allait « officiellement protester auprès du club ». « En tant que partenaire du club et hôte de la tournée, je regrette beaucoup les remarques discriminatoires des joueurs du FC Barcelone », a twitté l’entrepreneur.

L’attaquant du Barça, qui avait dénoncé en fin d’année l’agression d’un producteur noir de musique par des policiers à Paris, avait déjà dû présenter des excuses en décembre 2017 après avoir publié sur les réseaux sociaux une photo de lui, grimé en joueur noir des Harlem Globetrotters. Un hommage, selon lui, mais un geste dénoncé comme un « blackface », qui renvoie à une pratique raciste née à l’époque de la ségrégation aux Etats-Unis.

Lire l’enquête : Face aux cris de singe et aux insultes, la prise de conscience des joueurs

Le Monde avec AFP

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici