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les urgences régaliennes au cœur du débat

Les cinq prétendants à l’investiture LR pour la présidentielle ont cultivé l’unité.

Un week-end chargé. Dimanche soir, au lendemain d’un conseil national aux allures de grand oral, Michel Barnier, Xavier Bertrand, Éric Ciotti, Valérie Pécresse et Philippe Juvin ont remis le couvert pour un troisième débat télévisé, organisé sur CNews et Europe 1. Les cinq candidats à l’investiture des Républicains pour la présidentielle ont échangé longuement sur les questions de sécurité et d’immigration, sur un ton d’unité et de constats partagés.

Ayant carte blanche pour commencer, chaque invité a pu évoquer sa première préoccupation. Valérie Pécresse a choisi l’éducation, Michel Barnier a voulu insister sur la nécessité de gouverner dans la confiance et rassurer les téléspectateurs sur son «énergie». Philippe Juvin a fait le vœu, pour sa part, d’aborder d’autres sujets que l’immigration et la sécurité. «Je ne veux pas que la droite se miniaturise», a-t-il proposé avant qu’Éric Ciotti choisisse «la liberté de penser» en félicitant CNews, la chaîne invitante, d’avoir «cassé les codes du politiquement correct médiatique». Enfin, Xavier Bertrand s’est engagé à agir sur le handicap, une question «de justice et de solidarité», selon lui.

Si on avait utilisé les élus de proximité, les médecins de famille… on n’en serait pas arrivé là

Valérie Pécresse

La situation chaotique de la Guadeloupe, marquée par des manifestations contre le passe sanitaire, a ouvert le premier chapitre de l’émission consacré à la sécurité. Tous les candidats ont partagé une même approche de fermeté face aux événements. Michel Barnier a défendu une position «d’autorité et de dialogue», Xavier Bertrand a plaidé pour une réponse «sécuritaire» tout en se demandant où étaient les lits de réanimation «promis» par Emmanuel Macron. Valérie Pécresse a voulu rappeler l’action, de sa région pour faire face aux besoins hospitaliers en Île-de-France, tout en regrettant elle aussi une «verticalité qui impose tout d’en haut». «Si on avait utilisé les élus de proximité, les médecins de famille… on n’en serait pas arrivé là», a-t-elle jugé. Pour Éric Ciotti, la situation en Guadeloupe est comparable à ce qui se passe dans d’autres quartiers où les «délinquants utilisent des prétextes pour casser et piller». Si le ministre de l’Intérieur a pris la décision d’envoyer le Raid et le GIGN en outre-mer, le député des Alpes-Maritimes a qualifié ces annonces de «communication».

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«L’islamisme nous a déclaré une guerre»

Philippe Juvin, maire et médecin, a estimé pour sa part que la situation sur l’île était «la conséquence d’un abandon en matière sanitaire». «Qu’est-ce qu’on attend pour ouvrir des lits de réanimation?», a interrogé le chef de service des urgences à l’hôpital Pompidou, avant de dénoncer une situation «très grave» en métropole où l’hôpital ne serait pas en mesure de faire face à une reprise de l’épidémie, selon lui.

En matière de reconquête républicaine, Éric Ciotti est favorable à la mobilisation des militaires sur le terrain, sur le modèle de l’opération Sentinelle. «Nous sommes en guerre, l’islamisme nous a déclaré une guerre», a-t-il martelé. En écho, Michel Barnier a rappelé son projet de déployer des unités mobiles et de permettre aux polices municipales d’être armées. Si Xavier Bertrand estime que les policiers et les gendarmes n’ont pas besoin d’être épaulés par l’armée, il croit en revanche que ces forces manquent de «consignes claires». Pour lui, l’important c’est «la riposte pénale». La présidente d’Île-de-France veut des «opérations coups de poing», avec l’armée en appui. Philippe Juvin a expliqué comment il avait mobilisé des moyens (animateurs, police, caméras…). «Nous devons occuper l’espace», a-t-il souligné. «Moi j’étais derrière Laurent Wauquiez et je tenais le même discours», a réagi Éric Ciotti en notant que les morts victimes de règlements de compte avaient augmenté de 47 % en un an. Quand Michel Barnier a parlé du sport comme d’une des armes de la reconquête républicaine, Éric Ciotti lui a répliqué que le sport ne pouvait pas être la réponse aux 79 morts des règlements de compte en France. «Nous sommes d’accord», lui a répondu Michel Barnier.

Au-delà des divergences, les styles des candidats se sont précisés et le débat s’est révélé de bonne tenue

Les invités étaient moins d’accord quand on leur a demandé de réagir aux propos du président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde à l’égard d’Éric Zemmour (une balle dans la tête). Xavier Bertrand et Philippe Juvin ont précisé que le fautif s’était excusé, Michel Barnier a dénoncé des propos «inexcusables» et Éric Ciotti a fustigé un «appel au meurtre». «Je suis en colère par la violence du propos et par l’absence de poursuites judiciaires», s’est indigné le parlementaire.

VOIR AUSSI – Propos de Lagarde sur Zemmour: Éric Ciotti fustige un «appel au meurtre»

Mais au-delà des divergences, les styles des candidats se sont précisés et le débat s’est révélé de bonne tenue. La tension est montée d’un cran parce que 150.000 adhérents mettront un terme à cette compétition interne dans dix jours en confiant une seule mission à leur vainqueur: gagner la présidentielle.

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