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les propos de Rama Yade sur la statue de Colbert font réagir la classe politique

Dans une interview à l’Express, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy a défini le wokisme comme «un noble combat de justice et de revendication d’égalité».

L’interview en a étonné plus d’un. Dans un long entretien à L’Express , vendredi 19 novembre, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, Rama Yade, a fait une sortie très remarquée. Alors que les débats sur la culture «woke» animent la classe politique, l’ancienne conseillère régionale d’Île-de-France, qui vit actuellement à Washington, a dit vivre comme une «micro-agression» le fait de devoir passer devant la statue de Colbert, à Paris. Selon elle, le mouvement «woke» est «brandi de manière abusive comme un outil de censure» alors qu’il est en réalité un «noble combat, de justice et de revendication d’égalité dont devrait s’enorgueillir la patrie des droits de l’homme».

Des déclarations à rebours de celles de la totalité de son ancienne famille politique. Qui ne s’est d’ailleurs pas gêné pour le lui faire savoir. «Je suis scandalisé par ces propos. C’est ignoble de la part de quelqu’un qui a eu l’honneur insigne de servir la République au plus haut niveau. C’est une attaque en règles contre ce qui fait l’universalisme de la France que nous défendons depuis des siècles», s’est par exemple insurgé Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône et vice-président national des Républicains, sur CNews. Un avis partagé par Othman Nasrou, l’un des bras droits de Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et candidate au congrès LR. «Ridicule. Cette idéologie du wokisme est dangereuse. Force est de constater qu’elle progresse. À nous de la combattre», a-t-il réagi sur Twitter.

Une «instrumentalisation de l’Histoire»

Un avis partagé par la majorité. Interrogé sur le sujet au «Grand Rendez-vous» sur Europe1/CNews/Les Échos, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a jugé qu’il y avait «beaucoup trop d’instrumentalisations de l’Histoire dans le débat public». Pour lui, l’Histoire est «un bloc, avec ses triomphes, avec ses gloires, avec ses moments d’ombres aussi», estime-t-il. Selon lui, si la tendance woke est «très minoritaire dans le pays», il faut toutefois «répondre» aux personnalités publiques qui la mettent en valeur et leur «opposer une autre vision». «Déboulonner une statue ne fera jamais mieux vivre quelqu’un aujourd’hui», ajoute-t-il.

De son côté, le député LREM François Jolivet, ancien LR, s’est dit «surpris par la position américanisée» de Rama Yade. «Je ne fantasme pas d’une France où l’histoire ne vaut rien, où la réalité ne vaut rien et où la contradiction constitue une faute morale. En fait, le wokisme est l’art d’institutionnaliser le pardon d’exister», écrit-il, sur Twitter.

«L’oubliée rame pour ressusciter»

Julien Odoul, le porte-parole du Rassemblement national, a également fait savoir son agacement. Selon lui, Rama Yade «traite l’Histoire de France comme un paillasson». «Quand on a été nommée ministre de la République dix ans seulement après sa naturalisation, on peut dire merci au pays de Colbert», s’insurge-t-il.

Même avis pour l’eurodéputé RN Gilbert Collard, pour qui Rama Yade «l’oubliée (…) rame pour ressusciter». «On rêverait d’un monde où les agresseurs seraient tous de marbre», ironise-t-il. Et Éric Zemmour de tweeter, non sans ironie : «Je tiens à assurer Rama Yade de tout mon micro-soutien face au micro-drame qu’elle micro-traverse».

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