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Sarkozy juge sa convocation «inconstitutionnelle» et refuse de répondre au juge

Entendu comme témoin dans le procès des sondages de l’Élysée, l’ancien président a estimé qu’en répondant, il dérogerait «au principe de séparation des pouvoirs», faisant valoir l’immunité qui couvre la fonction présidentielle.

À la barre, l’ancien chef de l’État se tient stoïquement face au président du tribunal, les jambes écartées, les mains jointes. Il a remis son masque, signe de son refus de reprendre la parole, et regarde désormais silencieusement le magistrat égrener la longue liste de ses questions, auxquelles il ne répondra pas. Convoqué comme témoin au procès des sondages de l’Élysée à la demande de l’association Anticor, il avait d’abord fait savoir qu’il ne se rendrait pas à l’audience, avant d’y être finalement contraint par le tribunal. Ce mardi 2 novembre dans l’après-midi, il s’est alors présenté devant le juge mais s’est contenté d’exprimer vivement sa colère, jugeant que sa convocation était «parfaitement inconstitutionnelle» et, «surtout», «totalement disproportionnée».

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Avant de répondre aux questions du juge, Nicolas Sarkozy a sollicité la parole pour un propos liminaire. Il a alors fait savoir au tribunal d’une voix forte, qu’au nom de l’immunité présidentielle, il estimait que ce serait «bafouer l’esprit et la lettre de la Constitution» que de commencer à répondre «au quart du dixième des questions» du tribunal. «Ou alors, on entre dans le gouvernement des juges», a-t-il martelé, clamant son attachement à «la séparation des pouvoirs». Sans se laisser démonter, le magistrat Benjamin Blanchet a alors lu ses questions malgré tout, sans obtenir d’autres réponses que de nouvelles protestations. «Je n’ai pas le droit de m’extraire de mes obligations constitutionnelles, qui sont celles d’un ancien président de la République», a redit Nicolas Sarozy.

Face ensuite à l’avocat d’Anticor, Me Karsenti, qui avait réclamé son audition, Nicolas Sarkozy a été interrogé sur son appréciation de l’article 67, alinéa 1, de la Constitution, qui institue l’immunité du président de la République. «J’ai lu pratiquement toutes les tribunes qui ont été publiées par d’innombrables constitutionnalistes et professeurs de droit» dans la presse, a affirmé l’ancien président, qui estime qu’«aucun d’entre eux ne dit le contraire» de ce qu’il dit lui-même. Il a ensuite expliqué avoir «beaucoup réfléchi» avant de se rendre au tribunal de son plein gré, sans l’intervention de la force publique, et déclaré avoir refusé «l’escalade».

Entre autres motifs d’agacement, l’ancien président a par ailleurs regretté avoir été «convoqué par voie de presse», affirmant n’avoir reçu aucune convocation en bonne et due forme de la part du tribunal.

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