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Eric Zemmour en opération séduction chez les catholiques conservateurs

L’essayiste a répondu à l’invitation des Éveilleurs, association proche de la Manif pour tous, devant 1.500 personnes à Versailles.

Eric Zemmour n’a convaincu personne, ce mardi soir, à Versailles. Il n’en avait nul besoin. Invité par Les Éveilleurs, association proche de la Manif pour tous lancée en 2015, l’essayiste a fait face à un public conquis, au Palais des congrès de la cité royale: 1.500 personnes, ayant toutes, ou presque, déboursé entre 30 et 70 euros pour venir écouter le «phénomène» politique de la rentrée. Et ce, alors que l’auteur du Suicide Français a déjà participé ce dernier mois à deux événements autour de son dernier livre dans la commune huppée des Yvelines.

Pour l’ancien journaliste, l’enjeu de cette soirée n’était pas d’élargir son audience. Elle n’était pas non plus de défricher, sur le fond, de nouveaux champs programmatiques. Mais de battre le rappel de toute une communauté catholique et conservatrice ne s’étant pas relevée de l’échec des mobilisations contre le mariage homosexuel. Ni de celui de François Fillon à la présidentielle de 2017.

Questionné avec obligeance par l’avocat Benoit Sevilla, l’un des cofondateurs de l’association, Eric Zemmour a pu dérouler sans entrave ses vues sur «l’enjeu de civilisation» auquel est confronté selon lui le pays. La «catastrophe» qu’a été le quinquennat d’Emmanuel Macron. Le péril que fait peser l’immigration de masse sur la France, comme son identité qu’il convient de réaffirmer pour recouvrer toute sa souveraineté. «Voulons-nous devenir une terre islamique ? Ou voulons-nous rester une terre gréco-romaine ? Dans ce cas, il faut s’en donner les moyens», a-t-il lancé sous les applaudissements. Notamment, aux premiers rangs, de Laurence Trochu, présidente du mouvement conservateur (ex-Sens commun), Gabrielle Cluzel, directrice de la rédaction de boulevard voltaire, ou du président du Parti Chrétien-démocrate, renommé Via, Jean-Frédéric Poisson.

Il faut allier la sociologie de la Manif pour tous, et la sociologie des Gilets jaunes. »

Eric Zemmour

À six mois de l’élection présidentielle, le non-candidat qui ne devrait plus tarder à le devenir a surtout insisté sur le chemin à emprunter pour faire triompher ses idées : allier la «bourgeoisie patriote» – surreprésentée dans l’assemblée – aux classes populaires – tout à fait absentes. «Il faut allier la sociologie de la Manif pour tous, et la sociologie des Gilets jaunes», a-t-il décliné. Tout l’enjeu de cette soirée était de rappeler aux premiers que nul autre que l’essayiste défendrait mieux leurs idées. Lui qui maintient que «le mariage homosexuel était une erreur», qui réitère son opposition à la procréation médicalement assistée (PMA) sans père et qui voit arriver «la GPA gros comme une maison» (grossesse pour autrui, ndlr).

Mais aussi de les prévenir qu’il ne ferait d’aucun de ces thèmes des chevaux de bataille dans la campagne qui vient. «La Manif pour tous, en majorité bourgeoise, a échoué parce que les classes populaires y sont restées étrangères, a-t-il lâché. Il faut trouver les axes qui rassemblent ces deux sociologies. Le sujet qui rassemble, c’est la question au sens large identitaire et de l’immigration. Les autres combats ne sont pas moins importants mais vont nous faire perdre. Il faut avancer avec le thème qui rassemble. Ensuite nous verrons bien.»

Devant un parterre d’influenceurs issus des médias, du monde catholique ou du monde des affaires, l’occasion était également de rappeler que, pour l’emporter le moment venu, l’essayiste aurait besoin de leur mobilisation et de leur soutien financier. «Il y a un fort potentiel ici, on ne va pas se mentir, reconnaît un membre de son équipe. Le but était surtout de leur dire : Eric Zemmour est là.»

Aux côtés de Jean-Pax Méfret, le «chanteur de l’Occident», symbole d’une génération de droite anticommuniste et nostalgique de l’Algérie française, l’ex-LREM Joachim Son-Forget a, lui, bien compris le message. S’il ne se dit « pas d’accord à 100% sur tous les sujets» avec Eric Zemmour, le parlementaire assure lui avoir promis son parrainage : «Sur son attachement à la France et sur les valeurs sociétales, on est tout à fait raccord. Je pense être le seul député a lui avoir donné.» Dans l’entourage du presque candidat, on veut cependant croire que la messe n’est pas dite.

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