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Clément Beaune «plutôt favorable» au vote dès 16 ans

Proche d’Emmanuel Macron, le secrétaire d’État chargé des Affaires européennes veut «mettre cette idée dans le débat pour la présidentielle».

Ballon d’essai ou future proposition du programme présidentiel d’Emmanuel Macron ? Le droit de vote dès 16 ans revient dans le débat à la faveur d’une interview de Clément Beaune publiée mercredi par L’Opinion . Proche du président de la République, le secrétaire d’État chargé des Affaires européennes veut «mettre cette idée dans le débat pour la présidentielle». «Aucune piste ne doit être négligée», explique-t-il.

«J’y suis plutôt favorable. Mais il ne faut pas que ce soit un gadget. Il faut d’abord mobiliser les 18-25 ans qui ont déjà le droit de vote. Et ensuite élargir ce droit : nos démocraties ne peuvent pas s’offrir le luxe de négliger une piste», insiste le secrétaire d’État. Il admet lui-même que «dire qu’on va résoudre le problème de l’intérêt des jeunes pour la politique en baissant l’âge du vote, ce serait une facilité».

«L’implication des jeunes» dans la vie démocratique «est un défi pour tous les pays européens», relève Clément Beaune, «mais sa baisse n’est pas une fatalité». «Preuve en est: pour les élections européennes de mai 2019, la participation a augmenté dans 19 pays, dont la France. C’est la première inflexion dans ce sens depuis vingt-cinq ans», souligne le macroniste.

«Le vote redevient un outil de mobilisation»

Le secrétaire d’État, qui jouera un rôle important l’année prochaine lors de la présidence française de l’Union européenne (PFUE), livre cette analyse : «Les marches climatiques, très fortes à ce moment-là, ont joué dans ce sens. De même que le Brexit: les jeunes ont compris que l’Europe est un projet fragile, ce qui est rassurant – quand les enjeux sont compris, et que l’heure semble grave, le vote redevient un outil de mobilisation, il n’est pas perçu comme une vieille lune».

Sa proposition a surtout été commentée à gauche. «Réveil tardif de la majorité. Oui, le droit de vote à 16 ans permet de lutter contre l’abstention des jeunes», a réagi sur Twitter Yannick Jadot, le candidat d’EELV à l’élection présidentielle. Même accueil favorable de l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon sur les réseaux sociaux : «Nous proposons le droit de vote à 16 ans. À cet âge, on peut avoir des enfants ou participer aux élections professionnelles. Il est normal qu’on puisse participer aussi par son vote à la vie de la cité».

Alors que les plus jeunes sont plutôt favorables à Emmanuel Macron, selon les sondages, Clément Beaune écarte un abaissement du droit de vote pour 2022 : «C’est bien pour cela qu’il ne faut pas traiter ce sujet maintenant, mais le mettre dans le débat de la campagne.»

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